VIDÉO - Comment restituer des faits réels en BD?

BD 20 Minutes présente, en exclusivité, le 6ème volet d'une série de reportages vidéo consacrés à la «BD du réel»...

Olivier Mimran

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® E. Davodeau / FIBD / 20 Minutes

Comment les auteurs qui produisent une «BD du réel» retranscrivent-ils ce à quoi ils ont assisté, ou ce sur quoi ils ont enquêté, sans en altérer l'essence ? L'exercice est périlleux, et chacun suit sa propre recette pour éviter tout écueil. Il est, par exemple, impératif de rester au plus près de la réalité que l'on observe au risque, si l'on en «décroche un moment», d'en perdre irrémédiablement le fil.
Et cette indispensable vigilance de tous les instants, «épuisante, mais exaltante» selon Mathieu Sapin (qui a suivi la dernière campagne présidentielle et en a tiré un album), influe directement sur la façon de travailler: Étienne Davodeau révèle ainsi qu'il transmet aux gens qu'il intègre à ses récits ses planches, au fur et à mesure qu'il les réalise. «Leurs réactions m'obligent parfois à modifier certaines choses», précise-t-il, «et c'est ce qui fait que la BD du réel demande un travail énorme, une grosse dépense d'énergie et de temps».

«Mettre le monde en images» (épisode 6) ® 20 Minutes & FIBD

De toute évidence, transcrire des faits authentiques est plus exigeant que créer une oeuvre de fiction. Sans compter qu'à ces contraintes s'ajoute celle de la mise en forme, essentielle pour rendre l'information accessible à tout un chacun. Ainsi, Marion Montaigne n'hésite pas à décomposer un concept un peu abscons en plusieurs images afin d'en «adoucir» la complexité. Et Philippe Squarzoni alterne les registres de lecture (récit à la 1ère personne/images d'archives/interview face caméra) pour fluidifier son propos.
De ce point de vue, la BD du réel adopte des pratiques quasi-journalistiques (certains auteurs possèdent d'ailleurs une carte de presse). Et par voie de conséquence, ses adeptes contribuent à «inventer» ce nouveau médium qu'on appelle déjà la «BD-reportage».