Dernier one-man-show pour Guy Bedos

J.M. (avec AFP)

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Guy Bedos,  lors de l'enregistrement de Vivement Dimanche, sur France 2, le 10 décembre 2013.
Guy Bedos, lors de l'enregistrement de Vivement Dimanche, sur France 2, le 10 décembre 2013. — PJB/SIPA

«Poil à gratter» de la vie politique française et perpétuel indigné, l'humoriste Guy Bedos fait son dernier one-man-show lundi soir à l'Olympia, ses troisièmes adieux qu'il assure cette fois-ci définitifs, à 79 ans. «Si je n'arrêtais pas, j'aurais l'air d'une allumeuse !», lançait-il vendredi à l'AFP. Dès 2007, l'humoriste et pamphlétaire annonçait mettre un «point final» à ses spectacles politiques pour «faire l'acteur».

Et il y a deux ans, il annonçait que «Rideau», donné au Théâtre du Rond-Point, serait son dernier show. Deux ans et des dizaines de villes en tournée plus tard, il donne lundi «la der des der» du spectacle, non sans mélancolie.

A gauche, antiraciste et antifasciste

La «patte» Bedos est reconnaissable entre toutes: ce natif d'Algérie («je suis plutôt gauche couscous») est viscéralement à gauche, antiraciste et antifasciste. Féroce et tendre à la fois, il n'épargne aucune famille politique. Après s'être beaucoup engagé à gauche, il a pris ses distances et affirme n'avoir d'admiration pour aucun responsable politique, à l'exception de Christiane Taubira.

Mais Jean-Marie Le Pen et sa fille Marine sont ses têtes de turc favorites, qu'il n'hésite jamais à railler sans craindre le procès, comme le 2 décembre lors de la soirée de soutien à Christiane Taubira au Théâtre du Rond-Point.

« Quelque chose va mourir en moi»

«Je sais que je suis un porte-parole pour beaucoup de gens qui viennent me dire adorablement à la fin des spectacles, qu'ils ont besoin de moi, en étant désemparés à l'idée que je les quitte. Cela ne me laisse pas indifférent», convient-il.

Il quitte la scène le coeur gros : «C'est sûr que quelque chose va mourir en moi. Comme une histoire d'amour qui s'achève», confie-t-il au quotidien Libération, dont il était vendredi l'invité spécial. «Pendant un demi-siècle, ce contact physique, charnel avec le public m'a enchanté», reconnaît-il.

Venu à la scène par le théâtre classique, Guy Bedos connaît le succès en duo avec Sophie Daumier en 1963 («La drague» en 72) qu'il épouse (ils se séparent en 1977). Il se lance dans une carrière solo dans les années 70, avec son premier Olympia en 1975.