Spotify révèle le montant de la rémunération qu'il donne aux artistes

avec AFP

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La page d'accueil du site d'écoute musicale Spotify
La page d'accueil du site d'écoute musicale Spotify — DR

Voilà qui ne devrait pas réconcilier Thom Yorke et Spotify. Le numéro un mondial de l’écoute de musique en ligne, à qui le chanteur de Radiohead reproche le faible niveau des montants reversés aux détenteurs de droits, en a révélé mardi le niveau exact: environ un demi-centime d'euro par chanson écoutée.

Sur le site Internet Spotifyartists.com, l'entreprise a indiqué que la somme dépendait de plusieurs «variables»: d'une part le pourcentage de royalties négociées pour l'artiste et d'autre part ses auditeurs, selon le pays d'où ils écoutent la chanson et s'ils paient ou non un abonnement. «Récemment, ces variables ont amené à un paiement moyen par diffusion aux détenteurs des droits compris entre 0,006 et 0,0084 dollar», a écrit Spotify. Ces détenteurs de droits comprennent l'artiste et son producteur et/ou sa maison de disque.

Deezer et Pandora rentables, Spotify non

Pour donner une idée de la part de l'artiste seul, qui «varie en fonction des territoires conformément aux lois locales et aux accords négociés», Spotify a donné l'exemple des États-Unis, où le cadre réglementaire fait qu'elle est d'environ 21%. En d'autres termes, un artiste américain dont la chanson a été écoutée un million de fois touche en moyenne quelque 1.500 dollars.

Spotify a relativisé l'importance du chiffre. «Spotify ne calcule pas les royalties sur la base d'un taux fixe par diffusion. Bien que beaucoup de débats publics aient amené des spéculations sur un tel taux, nos versements aux artistes pris individuellement ont énormément augmenté avec le temps du fait de la croissance de notre nombre d'utilisateurs, et ils continueront à le faire», a-t-il écrit.

Lancé par deux Suédois en 2006, Spotify n'a pas encore réussi à engranger de bénéfice. En 2012, sa perte nette a été de 58,7 millions d'euros pour un chiffre d'affaires de 434,7 millions d'euros. Son plus grand concurrent, l'américain Pandora, a déjà fait état de bénéfices trimestriels. Et le français Deezer, beaucoup plus petit, assure être rentable «depuis fin 2010».