Trésors d'Egypte sauvés des eaux

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Les merveilles appartenant à trois sites de l'Egypte antique ont jailli du fond des mers pour atterrir, dès demain, dans la nef du Grand Palais (Paris 8e). L'exposition « Trésors engloutis d'Egypte » présente, jusqu'au 16 mars, et pour la première fois en France, quelque cinq cents objets découverts par Franck Goddio et son équipe d'archéologie sous-marine, depuis 1992, au large du delta du Nil. « C'est l'histoire de Canope, Thônis-Héracléion et du port d'Alexandrie, trois sites liés par la géographie, l'histoire et leur destin final », résume l'archéologue et commissaire de l'exposition. « Au fil des siècles, ces trois villes riches, abritant temples et palais, subissent le contrecoup de phénomènes naturels qui font qu'au viiie siècle de notre ère, toute cette région est submergée par les eaux », poursuit Franck Goddio.

Sphinx de marbre, pharaons de granit et objets rituels retracent 1 500 ans d'histoire égyptienne, entre 700 avant J. C. et 800 après J. C., et parcourent les périodes des dernières dynasties pharaoniques, des souverains ptolémées, des Romains, des Byzantins et du début de l'époque islamique. Sur une période si large, plusieurs merveilles jalonnent le parcours, comme les statues colossales en granit rose du dieu Hâpy, d'un roi et d'une reine, dressées magistralement sous la verrière. Le Naos des décades, plus vieux calendrier astrologique du monde (380 avant J. C.), est exposé ici pour la première fois dans son intégrité. Enfin, la statue en marbre noir finement sculptée d'Arsinoé II, datant du iiie siècle avant J. C., rappelle la déesse de l'amour, Aphrodite, sortant des ondes.

Les 7 600 objets repêchés ne représentent que 10 % des vestiges repérés par l'équipe d'archéologues, et seulement 1 % de ce qui doit exister au fond de l'eau. Autant dire que la chasse aux trésors est loin d'être finie.

Jeanne Dréan