«Ce qui me fait le plus peur, c’est Alzheimer», confie Stephen King

Joël Métreau

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L'écrivain Stephen King en conférence de presse, à Paris, le 12 novembre 2013.
L'écrivain Stephen King en conférence de presse, à Paris, le 12 novembre 2013. — ERIC FEFERBERG / AFP

C’est un Stephen King et jovial et blagueur qui était présent à Paris pour assurer une conférence de presse autour de son œuvre et plus spécifiquement de son dernier roman, Docteur Sleep, la suite de Shining.  Une heure pile de questions-réponses, où il égratigne 50 nuances de Grey, un «mauvais roman » et se montre intéressé par la série française Les Revenants. Le pouvoir qu’il aimerait avoir? «Celui que possède Danny Torrance [héros de Docteur Sleep], celui de retrouver des choses perdues. Je ne trouve jamais mes clés ou le pot de moutarde dans le réfrigérateur.» Le ton est donné.

Carrie, son premier roman

Son premier roman Carrie, a adapté trois fois depuis 1974: une comédie musicale à Broadway, un remake doit sortir en France en salle le 4 décembre. «Pourquoi pas Carrie, le spectacle de marionnettes? plaisante-t-il. Le remake n’a pas très bien marché aux Etats-Unis». «Je connaissais des filles comme Carrie: une lycéenne qui s’est pendue et une prof décédée dans un accident de voiture. Je voulais écrire une histoire où une de ces personnes qui est victime d’intimidations allait reprendre le dessus.»

Au départ, Carrie devait être une histoire courte, destiné à des magazines masculins. Il avait jeté le manuscrit à la poubelle, avant que sa femme ne l’en retire «en enlevant les cendres de cigarette». Les droits du roman lui sont finalement revenus à 400 000 dollars. «Quand je l’ai annoncé à ma femme, elle s’est mise à pleurer. J’ai fait beaucoup d’argent et j’ai fait pleurer ma femme, qu’est-ce qui pouvait me rendre plus heureux?», ironise-t-il.

Le pouvoir de la fiction

Les livres, comme les siens ou les films peuvent-ils inspirer des crimes? «Beaucoup de personnes sont comme des bombes à retardements. Certains trouvent leur inspiration dans des films violents, notamment à la télévision. Mais ces personnes trouveraient d’autres moyens de commettre des atrocités.» Et d’évoquer un faits divers qui a trait à son prochain roman, les attentats commis lors du marathon de Boston.

Interrogé sur son style très cinématographique, Stephen King répond qu’il vivait sans télévision à la maison durant son enfance, mais qu’il adorait les films «depuis Bambi à l’âge de trois ans». Du coup, le cinéma a eu beaucoup d’influence sur son écriture. Mais non, il n’écrit pas en pensant aux adaptations audiovisuelles de ses œuvres. «La fiction doit susciter une expérience visuelle et donc des émotions.» La clé pour faire peur? «C’est de créer des personnages dont le lecteur se soucie. Car une des qualités de l’être humain, c’est l’empathie.»

Réalisateur d’un film

Comme le héros de son roman 22/11/63, Stephen King raconte que s’il devait changer une chose dans le passé, ce serait de mettre en scène un meilleur film. Il en réalisé un seul, Maximum Overdrive.  «C’était un film horrible! Je travaillais avec une équipe italienne et on ne se comprenait pas. J’étais saoul et défoncé la plupart du temps.»

La mort et la vieillesse

Agé de 66 ans, «je suis désormais plus proche de la mort, donc plus intéressé par le sujet. C’est un sujet universel auquel on sera tous confronté. Et c’est un mystère, et comme tous les mystères m’intéressent.» Ce qui lui fait le plus peur aujourd’hui? C’est «la déchéance physique et Alzheimer».

Un touriste à Paris

Stephen King  ira «au Louvre, mettre du rouge à lèvres pour embrasser la tombe d’Oscar Wilde, et visiter celle de Jim Morrison» au cimetière du Père Lachaise. «Je suis très cimetière vous savez…»

En dédicace et en interview  

Stephen King sera en séance de dédicaces au cinéma Mk2 bibliothèque à Paris, ce mercredi de 13 à 15h. Vendredi il sera en interview de 13h à 14h sur le Mouv’ pour la sortie en poche (éditions J’ai lu) de La Clé des vents, le dernier opus de sa Saga de fantasy La Tour Sombre. Le même soir, il sera au Grand Rex pour s’entretenir avec ses fans. L’événement affiche complet.