Après la lauréate du Femina, le Renaudot Yann Moix soutient Christiane Taubira

A.L avec AFP

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Paris, le 4 novembre
Yann Moix arrive au restaurant Drouant pour recevoir le prix Renaudot pour son livre "Naissance"
Paris, le 4 novembre Yann Moix arrive au restaurant Drouant pour recevoir le prix Renaudot pour son livre "Naissance" — A. Gelebart / 20 Minutes

Yann Moix suit Léonora Miano. Mercredi, la romancière camerounaise, lauréate du prix Femina, avait réagi aux attaques racistes contre la ministre de la Justice Christiane Taubira: «Ce n'est pas seulement la ministre qui est insultée, mais toutes les personnes noires qui sont animalisées».

«Je vous adresse cette courte lettre pour vous dire que la honte que je ressens d'être français quand vous êtes insultée dans votre dignité n'est rien, absolument rien, au regard de la fierté que je ressens face à la permanente démonstration de votre courage», écrit pour sa part Yann Moix, l'auteur de Naissance, dans une lettre ouverte publiée sur le site de la revue La règle du jeu.

Une figure qui «contre vents et marées, fait progresser notre vieille République»

«Il n'est pas question, ici, de politique. Mais seulement de reconnaître, en vous, tandis que pleuvent sur vous mille crachats et quantité d'immondices, une de ces figures qui font, contre vents et marées, progresser notre vieille République», ajoute-t-il, jugeant que Christiane Taubira avait «permis plus d'avancées en quelques mois à la France, que d'autres pendant quelques décennies».

«Robert Badinter, ou Simone Veil encore, furent confrontés, de par l'ampleur de leur vision sociétale, de par la force de leurs convictions et la puissance de leur volonté, à la haine provisoire des réactionnaires et des moisis», souligne Yann Moix.

«Puissiez-vous, Madame, exister encore longtemps, et incarner cette Marianne au visage plus humain, moins éthéré, moins lisse aussi, que celle dont rêvent les nostalgiques d'une France éternelle qui, pour notre grand bonheur, n'eut jamais la moindre réalité et, ne leur en déplaise, n'existera jamais».

«J'ai l'impression que, depuis quelques jours, c'est notre République qui devient bananière», conclut Yann Moix.