VIDEO. Le photomaton XXL de JR s’installe à Paris

CULTURE Ce mercredi, le street-artist français JR a installé pour quelques jours son camion photographique à Paris, où son projet d’art participatif «Inside Out» a débuté en 2011…

Annabelle Laurent
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Le 06 novembre 2013. L'artiste JR investit le parvis du Palais de Tokyo du 6 au 8 novembre en collant les portraits des nombreux visiteurs qui souhaitent participer a l'oeuvre monumentale éphèmere.
Le 06 novembre 2013. L'artiste JR investit le parvis du Palais de Tokyo du 6 au 8 novembre en collant les portraits des nombreux visiteurs qui souhaitent participer a l'oeuvre monumentale éphèmere. — V. WARTNER / 20 MINUTES

«Réglez le tabouret… regardez bien devant vous… Voilà, il n’y a pas d’autre règle que d’être expressif.» Et clic. Une minute après la consigne d’un des bénévoles de l’équipe de JR, Yves récupère son portrait en noir et blanc imprimé en grand (90 cm sur 135 cm). Il est 17h30. Son heure d’arrivée: 13h30. «C’est long… mais ça fait partie du truc... pour laisser une petite trace, même éphémère!».

JR en petit assistant

Son portrait (il montre les dents) rejoint les autres collés depuis 13h sur l’esplanade du Palais de Tokyo. Il se fait aider de JR, caché, comme d'habitude, sous un chapeau et des lunettes noires. «Je colle, je parle avec les gens. Ici, je suis un des petits assistants», s’amuse le street-artist français de 30 ans qui s’est fait connaître en collant d’immenses photos de femmes sur les murs des favelas de Rio, au Kenya, en Inde ou au Cambodge (Women are heroes, 2009).

Le camion photo est né au Centre Pompidou, à Paris, en juin 2011. De là est parti le projet «Inside Out», qui a parcouru le monde. Plus de 120 pays, 170.000 participants. Les photomatons n'étant qu'une partie du projet, la plupart envoient une photo au studio new-yorkais de JR qui se charge de leur imprimer au format géant et de leur réexpédier moyennant 20 dollars. A eux ensuite de la coller, «à l'endroit le plus publiquement visible», «simplement pour leur laisser la possibilité de s’exprimer à travers l’image, explique le street-artist. Le sens est complètement différent selon les pays. Pour certains, c'est une œuvre d’art qu’ils affichent chez eux. D’autres recouvrent avec leur poster le portrait de leur dictateur en Tunisie».

Vidéo: Jonathan Duron

Un «honneur»

Devant l’affluence, les bénévoles ont dû fermer la queue au bout de deux heures seulement, à 15h, juste après Roxanne, qui ferme la marche: «J’avais loupé Beaubourg en 2011 et j’étais verte. Là, j’ai eu de la chance!». «L’attente passe vite parce qu’on voit le projet se construire au fur et à mesure», lance Isis, 16 ans, qui a attendu près de quatre heures après avoir été alertée de l’événement sur Instagram, sur lequel JR est très actif. Pour sa sœur Jade, 17 ans, «c’est pour participer à l’un de ses projets. C’est un honneur».

Elles plaquent leurs portraits au sol avec l’aide d’Ales, un bénévole slovène qui accompagne les projets de JR depuis 2009, quand il avait transformé les murs des quais de l’Ile Saint-Louis en une galerie d’exposition géante. «JR partage des choses simples, c’est ce que j’aime. Il n’y a pas d’histoire derrière tout ça, pas de sens caché. Il faut se rappeler que dans beaucoup de pays, les gens ne savent même pas ce qu’est le street-art».

Le camion sera au Palais de Tokyo jeudi et vendredi, de 13h à 19h. Dès dimanche, et jusqu’au mardi 12 novembre, il migrera sur le parvis du MK2 Bibliothèque, au pied de la BNF où est en train d’être collé (depuis lundi) un immense portrait sur huit étages, à partir de 70 mètres de hauteur. JR n’a jamais collé aussi haut. Le 12 au soir, il présentera la veille de sa sortie en salles le documentaire «Inside out» d'Alastair Siddons, qui a filmé depuis 2011 l'évolution du projet d’art participatif... «à un moment T, explique JR. Car le projet ne m’appartient plus, et peut durer… toute une vie peut-être!»

>> Les 361 photos du 6 novembre sont par ici, sur le site officiel du projet. Pour participer à votre tour, c'est par là