La résidence de Banksy à New York a pris fin

Benjamin Chapon

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Des policiers new yorkais ont emporté une oeuvre de l'artiste de rue Banksy faite de ballons et que deux individus avaient tenté de voler, le 31 octobre 2013.
Des policiers new yorkais ont emporté une oeuvre de l'artiste de rue Banksy faite de ballons et que deux individus avaient tenté de voler, le 31 octobre 2013. — Erik Pendzich/REX/SIPA

Banksy a dit au revoir à new York avec une œuvre faite de ballons «indégonflables» en formes de lettres. Posés sur le mur d’un immeuble, visible depuis le train de banlieue qui traverse le Queens, les ballons écrivaient «Banksy!».

Comme souvent durant ce mois de résidence new-yorkaise où il aura livré une œuvre par jour, Banksy a surtout fait parler de lui grâce à un fait divers plutôt qu’au propos artistique.

>> Le meilleur des créations new-yorkaises de Banksy en images

Ainsi, deux fans autoproclamés de l’artiste ont trouvé amusant d’essayer de voler l’œuvre, en plein jour, et sous les caméras de leurs amis. La police est intervenu, a arrêté les deux activistes avec l’aide de passants et a bourré l’œuvre gonflée de Banksy dans un van. Elle est désormais considérée comme une pièce à conviction.

Ce n’est pas la première fois que la police new-yorkaise se mêle d’art ce mois-ci puisque plusieurs créations de l’artiste ont été soit protégées soit empêchées par les forces de l’ordre.

Accusé Banksy, levez-vous!

La presse américaine n’a pas tardé à faire le procès de l’artiste. Et même par contumace, condamne globalement Banksy qui est accusé d’avoir réalisé une belle série de happenings mais peu d’œuvres intéressantes.

Le New York Times, qui avait refusé de publier une tribune de Banksy contre le building du One World Trade Center, fait un bilan très mitigé de ce mois de créations tous azimuts.

Le New York Post dénonce une fausse subversion et s’étonne: «comment a-t-il pu faire tout ça sans jamais être découvert?» Village Voice voit Banksy comme un artiste banal qui se déguise en «casse-cou des rues» pour asseoir sa notoriété.

Le New York Post regrette également que Banksy ne «laisse aucune œuvre assez grandiose pour mériter une préservation, rien de comparable au graffiti «Crack is Wack» de Keith Harring sur Harlem River Drive.»

Un «touriste» aux œuvres «anecdotiques»

Comme le Post, de nombreux médias new-yorkais estiment que Banksy a une «vision de touriste» de la ville dont il n’a pas su percer l’âme complexe.

La critique la plus fréquente que reçoit l’œuvre de Banksy, et pas seulement lors de cette résidence new-yorkaise, est de faire dans l’anecdote, dans le clin d’œil amusé dont il ne reste rien une fois l’astuce révélée.

Des chiffres avant les lettres

Outre des peluches emmenés en camion à l’abattoir ou une vidéo de djihadistes abattant Dumbo au lance-roquettes, l’une de ses prestations les plus commentées aura été l’installation d ‘un stand de rue près de Central Park. Un vendeur mal fagoté y proposait des œuvres originales de Banksy pour des prix dérisoires. Très peu de clients ont été intéressés par ces toiles anonymes alors même que, dans les foires internationales, ces mêmes œuvres valent des centaines de milliers d’euros.

Vendredi, Banksy avait à nouveau tourné en ridicule le marché de l’art. Après avoir acheté une toile sans valeur (un paysage de lac alpestre) dans l’équivalent new-yorkais d’Emmaüs, Banksy y a peint un personnage de nazi assis sur un banc, contemplant le lac. Et a signé l’œuvre.

Mis en vente par la boutique sur internet, le tableau «amélioré» par Banksy a été vendu 615 000 dollars. Le produit de la vente permettra d’aider des sans-logis.