Des notes pour suivre les danseurs à la trace

©2006 20 minutes

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Comment conserver une trace du mouvement ? Comment transmettre une pièce chorégraphique ? Le Centre national de la danse, à Pantin (93), consacre trois mois de programmes à la question de la notation. Ce qui paraît simple à coucher sur le papier en musique, via une partition, s'avère plus complexe dès lors que le mouvement évolue en trois dimensions ou selon « l'intention » qu'on lui prête...

De Feuillet, qui au xviiie siècle codifia les mouvements de jambes des danseurs baroques, à Laban qui, vers 1930, créa des partitions verticales afin d'accroître la performance des ouvriers au travail ou des sportifs en compétition, une centaine de systèmes d'écriture ont vu le jour. Leur vocation culturelle et patrimoniale est évidente : il s'agit de conserver la mémoire d'un ballet, de permettre à des danseurs éloignés de travailler ensemble, de recréer des pièces que l'on croyait perdus. La notation chorégraphique s'apprend en France (le Conservatoire supérieure de danse de Paris, notamment, accueille une vingtaine d'élèves chaque année). Pour autant, les débouchés sont rares : sur le territoire, seul le ballet Preljocaj, à Aix, possède une notatrice à plein temps.

Philippe Verrièle