Comment «Moi, Moche et Méchant» est devenu «Minion»

Stéphane Leblanc

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Deux Minions, l'un mignon, l'autre pas
Deux Minions, l'un mignon, l'autre pas — Illumination/Universal

Ils sont petits, jaunes, irrésistibles… et ils réapparaissent cette semaine en DVD et Blu-Ray chez Universal. Avant de faire l’objet d’un film à eux seuls, prévus pour 2015. En deux films, les Minions ont fini par voler la vedette à Grü, le sympathique super-vilain qui a donné leurs titres aux Moi, moche et méchant 1 et 2. Deux dessins animés, deux succès fracassants: le premier a engrangé plus de 540 millions de dollars à travers le monde. Sa suite a fait mieux: 854 millions de dollars. En France, ce sont plus de 4 millions d’entrées, contre 3 pour le premier film.

De quoi anticiper un troisième opus? Pour le moment, Minions, c’est son titre provisoire, «sera une prequel, prévient Pierre Coffin, qui dirigera cette fois le film sans son acolyte Chris Renaud. Il y aura éventuellement Grü mais il n’y aura pas tous les autres personnages qu’on connaît.» Au casting, on retrouvera les voix (en VO) de Sandra Bullock et Jon Hamm («Mad Men»). Ils donneront leurs voix à Scarlett Overkill et à son mari Herb, deux Minions qui, dans les années 1960, vont créer une armada de petits hommes jaunes bien avant leur rencontre avec Grü…

Une armée d’orques

D’où vient cet attrait soudain pour les Minions? Et d’ailleurs, comment sont nées ces gélules jaunes en salopettes et en lunettes de soudeurs? «Au départ c’était une armée d’orques, note Pierre coffin, des monstres très méchants, et puis pas tant que ça… On les a simplifiés pour qu’ils soient faciles à reproduire en très grands nombres, et on a fait en sorte qu’ils soient expressifs, drôles et qu’ils aient leur caractère propre.» «S’ils sont devenus attachants, c’est parce qu’on finit par s’identifier à eux», relève de son côté Chris Renaud. Comme Scrat, l’écureuil de L’Âge de glace, ou les manchots de Madagascar, qui ont aussi tendance à reléguer les autres personnages au second plan (*).

La sortie de Minions, prévue à l’origine pour le 17 décembre 2014, vient d’être repoussée au 10 juillet 2015. Pour nous offrir un troisième volet parfait, les équipes de production d’Illumination Entertainment et les artistes du studio parisien Mac Guff Line ont besoin de prendre leur temps. Du point de vue de l’ambiance, cool mais studieuse, on oscille ici entre l’ambiance campus de Pixar et celle, plus artisanale, du studio japonais Ghibli. Deux références clairement revendiquées par la centaine d’artistes et de techniciens oeuvrant actuellement sur les prémices du troisième opus en plein cœur du 15e arrondissement de Paris.

 (*) Les manchots de Madagascar, qui font déjà l’objet d’une série télé, auront également droit à leur spin-off en long-métrage, annoncé pour avril 2015. Mais qu’attend Scrat, l’écureuil préhistorique de L’Age de Glace pour s’y mettre lui aussi? Il est peut-être trop occupé à planter des glands…

Naissance d’un gag

Un gag, sur le papier, «ne donne pas toujours grand-chose», concède l’un des réalisateurs, Chris Renaud, qui dit compter sur la magie du son et de l’animation. Comme lorsque les Minions déboulent en pompiers, pour éteindre le feu dans le bureau de Grü… «On se doutait que ça fonctionnerait, mais pas aussi bien, témoigne l’autre réalisateur, Pierre Coffin. Cela tient à presque rien, l’expression des personnages, Grü qui ne réagit pas par rapport à la folie qui l’entoure et ce Minion qui n’arrête pas de crier «Bido Bido». C’est la voix de Chris, qui est très énervante et très drôle au final».