VIDÉO. Katy Perry peut-elle garder le bas pour viser le haut du classement?

Benjamin Chapon

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Katy Perry le 25 septembre 2013. 
Katy Perry le 25 septembre 2013.  — Michael Sohn/AP/SIPA

Il y a de la concurrence. Même pour une chanteuse comme Katy Perry, dont le précédent album Teenage Dream s’est écoulé à six millions d’exemplaires et dont elle a placé cinq titres en tête du top, record qu’elle partage avec Michael Jackson.

>> Lire notre critique de l'album, Prism, écouté en présence de Katy Perry

Si la sortie de Prism est un événement, elle pourrait être affadie par celle de Bangerz de Miley Cyrus, et concurrencée par les arrivées des nouveaux albums de Britney Spears et Lady Gaga.

Le «rap game» au féminin

Dans des styles musicaux similaires, ces chanteuses se font surtout remarquer par leurs clips très sexy, voire vulgaires. En la matière, Rihanna est également très à son aise.

La presse américaine appelle ça le «boobs game», en référence au «rap game». Là où les rappeurs à succès s’affrontent au travers d’ego trips violents où ils vantent leur force, la taille de leurs cylindrés, le nombre de leurs conquêtes et les indécents zéros de leurs comptes en banque, les chanteuses du «boobs game» s’affrontent sur un autre terrain.

Incarner le fantasme, c’est féministe

Il s’agit pour ces chanteuses de mettre en avant leur plastique de rêve et leur capacité à incarner les fantasmes supposés des mâles. Dompteuse SM de requins pour Britney Spears, pole danseuse trash pour Rihanna, meneuse de revue gothique pour Lady Gaga…

La petite nouvelle dans ce «boobs game», Miley Cyrus est déjà hors compétition. De son twerk aux MTV Vidéo Awards, à son clip où elle apparaît nue sur une boule de chantier en passant pour ses photos avec Terry Richardson (un passage obligé dans le «boobs game»), elle incarne la chanteuse à succès qui n’a peur ni du ridicule ni de la vulgarité, portant son sex-appeal en étendard pour s’affirmer. La plupart de ses chanteuses prétendent ainsi livrer un discours féministe avec leurs clips

Vie privée, vie pas pudique

«C’est ce que je suis», clame Miley Cyrus quand elle est interrogée sur ses clips. Lady Gaga est dans un registre d’interprète totale. Elle joue un rôle mais cache sa facette intime. Rihanna aujourd’hui, et Britney Spears avant elle, exposent énormément leur vie privée, si possible en tenues légères.

Au milieu de ces chanteuses, Katy Perry fait presque office de jeune fille sage et saine. Pourtant, elle a bâti une partie de son succès sur son langage déluré. Dans de précédents clips, elle incarne une adolescence naïve rattrapée par ses hormones.

La bonne copine qui aime se déguiser

Interrogée sur le sujet, Katy Perry a souvent éludé la question, estimant que «chaque artiste choisit une manière de mettre en scène sa musique.» Les analystes voient bien comment Katy Perry pourrait tirer profit de l’hypersexualisation de ses concurrentes en incarnant une version sage et rassurante, notamment pour les parents, de la bonne copine.

«Non seulement elle apparaît peu dans les rubriques people sordides, mais en plus elle préfère se déguiser que se déshabiller», analyse Maane Khatchatourian, de Variety qui estime que «Katy Perry a tout bon.»

Avec ou sans fourrure

D’autres critiques sont plus circonspects. «Après les chanteuses qui cachent la nullité de leur musique avec des clips vulgaires, il y a Katy Perry qui fait des clips ennuyeux pour habiller une musique qui ne l’est pas moins», écrit Mikael Wood dans le Los Angeles Times.

Pour l’instant habillée d’une peau de tigre dans son clip, Katy Perry pourra toujours se déshabiller un peu plus dans ceux à venir si Prism n’atteint pas, comme prévu, le haut du classement.