M. Chat réalise une fresque aux couleurs ronronnantes avec l'aide d'enfants autistes

INITIATIVE Le célèbre graffeur a œuvré à Villeurbanne, près de Lyon, en voulant «casser les clichés sur le handicap»...

A Lyon, Caroline Girardon

— 

Monsieur Chat, le célèbre graffeur, a réalisé une fresque murale à l'institut de traitement des troubles de l'affectivité et de la cognition, à Villeurbanne (Rhône).
Monsieur Chat, le célèbre graffeur, a réalisé une fresque murale à l'institut de traitement des troubles de l'affectivité et de la cognition, à Villeurbanne (Rhône). — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

Il s’est fait connaître en 1997, en dessinant anonymement sur les murs de la ville d’Orléans des chats jaune orangé arborant un large sourire. Il a néanmoins attendu dix ans avant de se faire démasquer, pris en flagrant délit par la police municipale. Depuis, Thomas Vuille, alias M. Chat a fait du chemin. Graffeur underground, il a fini par se rapprocher des institutions, sans toutefois délaisser les enceintes et les façades d’immeubles. Sa dernière réalisation : la fresque Monsieur Chat conçue sur les murs et dans la cour de l’Ittac (Institut de traitement des troubles de l’affectivité et de la cognition) de Villeurbanne (Rhône).

«Donner une bonne image de la psychiatrie»

L’artiste a été contacté pour redécorer la façade du bâtiment à l’aide d’enfants autistes soignés à l’institut. «L’idée m’est venue lors d’un congrès à Berlin où l’on nous a présenté des centres psychiatriques très design, explique Marie-Maude Geoffray, praticienne à l’Ittac. A Villeurbanne, l’endroit où nous sommes, est assez gris, minéral et ne disposant que d’un seul arbre. On souhaitait avoir quelque chose de plus coloré et de plus vivant pour les enfants. Et donner une bonne image de la psychiatrie pour que les parents ne pensent pas à quelque chose d’effrayant.»

Les graffeurs, victimes de préjugés

Dès lors, M. Chat ne s’est pas fait prier pour collaborer avec les petits patients. Lui qui avait déjà travaillé avec des adultes handicapés. «J’avais envie de casser les clichés sur le handicap et de montrer que ces enfants sont comme les autres, souligne-t-il. Nous aussi graffeurs, sommes encore victimes de préjugés. Pendant très longtemps, bien avant que le graffiti ne soit devenu populaire, on était vu comme des marginaux.»

«Un projet stimulant pour les enfants»

L’artiste est intervenu plusieurs fois auprès des enfants, leur faisant dessiner les ébauches de la fresque qu’il a ensuite réalisée et en les emmenant dans son atelier à Paris. «Ce projet a été très stimulant pour eux, raconte Marie-Maude Geoffray. Ça leur a permis de s’ouvrir sur l’extérieur et pour certains, de se sentir valorisés. Il y a eu beaucoup d’émulations dans les groupes.»