Astérix, c'est «l'esprit bagarreur et franchouillard de la France profonde»

VOTRE AVIS Astérix, le héros superpuissant d'Uderzo, est-il ringard ou moderne? Nous avons posé la question aux internautes de «20 Minutes»...

Christine Laemmel

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Une scène du film «Asterix et les Vikings».
Une scène du film «Asterix et les Vikings». — NANA PRODUCTIONS/SIPA

Mercredi a ouvert à Paris une exposition rétrospective consacrée à Astérix, le héros de Goscinny. Le 24 octobre, c’est un nouvel album de bande dessinée qui sera publiée, cette fois sous le crayon de Didier Conrad et la plume de Jean-Yves Ferri. Le héros renait donc une nouvelle fois. L’occasion de demander aux internautes de 20 Minutes, l’image qu'ils ont du gaulois aux supers-pouvoirs. 

Ils ont 12, 7, ou 9 ans et lisent les BD d’Astérix. «Mes petits-enfants ont eu le bon goût de conserver les albums», nous dit Rose-Marie sur notre page Faceook. «Ma fille les dévore comme moi», enchaîne un internaute par mail. JB, 18 ans, affirme avoir «toujours» lu Astérix.

Si le héros «passe les générations», comme Emilie le prétend, c’est qu’il serait «typiquement français». Comprenez, «rebelle», «frondeur» avec «l'esprit bagarreur et franchouillard de la France profonde», estime Dave dans les commentaires. «Astérix est le symbole de cette France forte et rebelle qui déplaît tant au monde entier, écrit même Kididouille. Un pays qui gouverne toute une partie du globe opposé à un peuple d'irréductibles qui ne plient pas l’échine. Euh, attendez, on parle de la Gaule devant l'empire romain ou de la France devant l'Europe?», ose cet internaute.

Astérix, «modèle de tolérance»

La France, c’était mieux avant, semblent souffler certains internautes. Un peu comme Astérix, répondent d’autres. «Les anciens tomes nous rendraient tous nostalgiques, lâche Emilie, mais les histoires sentent de plus en plus le réchauffé», confirme Benjamin. «J'ai adoré suivre ses aventures. Mais après avoir découvert les comics et les mangas, j'ai délaissé notre ami Astérix. Attendre plusieurs années pour 45 pages, difficile d'y rester fidèle».

D’autant que certains ne se font pas à la reprise en main post-Goscinny. «Astérix est mort en même temps que Goscinny», nous dit Clown. Argel reproche lui aux «derniers albums» de trop «jouer sur la modernité alors que ceux d'avant jouaient plus sur les anachronismes. Oui je trouve Astérix moderne, mais ce n'est pas forcément un plus», conclut-il.

Transcendant les nostalgiques, les déçus et les patriotes, un internaute tranche et impose Astérix comme «modèle de tolérance». «Gaulois, Romains, Ibères, Egyptiens, Bretons, Grecs, Helvètes, Numides, Corses, etc. Et même les pauvres pirates, ils sont tous tellement semblables, tellement humains que l’on se reconnaît tout de suite en eux. Nous rions de leurs faiblesses et nous rions de nous-mêmes… Ce qui nous manque peut-être le plus de nos jours.»