Stacey Kent, l’âme brésilienne

Benjamin Chapon

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 Stacey Kent sort un album de bossa nova.
 Stacey Kent sort un album de bossa nova. — Benoit Peverelli

 Elle nous répond dans un français parfait, à peine chatouillé d’un accent américain. Mais elle aurait aussi bien pu répondre en portugais. Au moment de sortir «The Changing Lights», un album ouvertement inspiré par la bossa-nova, Stacey Kent sort de plusieurs mois d’études intensives de la langue de Tom Jobim et Chico Buarque. «J’aime les langues étrangères presque autant que j’aime la musique. D’ailleurs, j’aime tous les savoirs. Je dois me nourrir de beaucoup d’informations pour faire mon métier.»

Elle connaît ainsi la littérature française, et sa gastronomie, aussi bien que la philosophie zen japonaise, et sa gastronomie. Devenue la chanteuse de jazz par excellence, celle dont le timbre et la musicalité sont indépassables, Stacey Kent livre enfin son album de bossa-nova.

Une voix propre

Le Brésil est un exercice de style, tout comme la chanson en français sur les albums de divas du jazz. De Lisa Ekdahl à Melody Gardot, toutes les jeunes générations de chanteuses jazz y sont allées de leurs albums hommage aux couleurs brésiliennes.

«J’ai procédé avec le répertoire brésilien comme avec n’importe quelle autre chanson, explique Stacey Kent. J’ai cherché à y trouver ce qui résonnait en moi, pour me l’approprier. Je ne cherche pas un exotisme dans ces répertoires, au contraire.»

La mythologie bossa nova

«Il y a, bien sûr, toute une histoire, une mythologie de la musique brésilienne. Je la connais, je l’ai étudié. La bossa nova de Getz et Gilberto m’a bouleversé très jeune. Mais j’oublie tout ça quand je chante. Et en préparant l’album, je ne me suis pas immergé dans les disques de bossa nova.»

D’ailleurs, elle ne s’est même pas immergée dans le Brésil du tout. Habituée, avec son mari le saxophoniste et compositeur Jim Tomlinson, à séjourner pour des séries de concerts au Brésil, Stacey Kent n’a rien changé à ses habitudes pour enregistrer «The Changing Lights».

A la maison

«Nous avons une maison très agréable où nous avons nos habitudes, notre intimité. J’ai besoin d’une vie calme et ordonnée, routinière même, quand nous ne somme spas en tourné.»

Outre le calme nécessaire à la composition pour Jim, cette routine infuse dans l’interprétation de Stacey. «Je chante une musique intimiste, même quand je reprend des chansons de bossa-nova qui ont une mélancolie un peu excentrique. Cette tonalité intime, c’est moi. Et pour la trouver, je dois être le plus proche de moi-même.»