Patrice Chéreau, de Louis-le-Grand à «La Reine Margot»

CULTURE Théatre, cinéma, opéra... Patrice Chéreau a réussi à imposer son style partout où il a travaillé...

David Blanchard
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Patrice Chéreau, le 28 avril 1983, au ministère de la Culture.
Patrice Chéreau, le 28 avril 1983, au ministère de la Culture. — AFP PHOTO / GABRIEL DUVAL

Patrice Chéreau est décédé ce lundi des suites d’un cancer du poumon à l’âge de 68 ans. Il travaillait sur sa dernière création, la mise en scène de Comme il vous plaira de William Shakespeare, qui devait se jouer au théâtre de l’Odéon à Paris du 14 mars au 1er juin 2014.

Patrice Chéreau est né le 2 novembre 1944 dans le Maine-et-Loire. C’est au célèbre lycée parisien Louis-le-Grand que naît sa passion pour le théâtre, lorsqu’il intègre la troupe de l’établissement. Rapidement, il préfère diriger les acteurs. Sa première pièce date de 1964, lorsqu’il met en scène L’intervention, de Victor Hugo. Il a 20 ans. Deux ans plus tard, il est nommé directeur du théâtre de Sartrouville, puis prend les rênes du célèbre Théâtre national populaire de Villeurbanne (Rhône), au côté de Roger Planchon, de 1971 à 1977.

Un cinéaste multi-récompensé

En 1976, il obtient la consécration en mettant en scène ses premiers opéras, la Tétralogie de Wagner. Consécration, c’est dans le cadre du centenaire de l’opéra de Bayreuth, ville de prédilection du musicien allemand, qu’ils sont présentés. Entre 1982 et 1990, il devient directeur du théâtre des Amandiers, à Nanterre. Un Molière vient récompenser en 1989 sa mise en scène moderne de Hamlet. Cet été, il avait été ovationné à Aix-en-Provence pour sa mise en scène de l’opéra Elektra, de Richard Strauss.

En parallèle, Chéreau se lance aussi dans le cinéma. Il signe son premier film en 1974, La chair de l’orchidée. Suivront L’homme blessé en 1983, pour le scénario duquel il se voit remettre un premier césar. La consécration sur grand écran, il l’obtient en 1994 avec l’adaptation du roman d’Alexandre Dumas, La reine Margot, avec Isabelle Adjani et Daniel Auteuil. En 1998, c’est la profession qui reconnaît une nouvelle fois son talent: Ceux qui m'aiment prendront le train est nommé 11 fois aux Césars, et Chéreau repart avec la statuette pour sa réalisation.