MySpace et Facebook, entremetteurs de musiciens

Benjamin Chapon

— 

Le groupe britannique London Grammar
Le groupe britannique London Grammar — Jem Goulding

Dot Major et Dan Rothman ne s’en cachent pas. Lorsqu’ils ont contacté Hannah Reid sur Facebook pour chanter dans son groupe c’était avant tout parce que sa photo de profil d’elle à la guitare laissait  penser qu’elle était une très jolie fille.

Jolie, elle l’est effectivement mais surtout, elle chante très bien et écrit de bouleversantes chansons. Ensemble, ils ont monté le groupe London Grammar qui a créé la sensation estivale outre-manche.

Ajouter cette chanteuse à ma liste d’amis

Dans le même ordre d’idée, le duo AlunaGeorge, formé de George Reid et Aluna Francis, s’est formé sur MySpace. «J’aimais bien utiliser MySpace parce que contrairement à Twitter ou Facebook, il n’y a pas trop de spams, c’est vraiment réservé aux musiciens», explique Aluna.

George écoutait des chansons au hasard sur MySpace quand il est tombé sur une démo d’Aluna: «J’ai adoré sa voix, sa sensualité, son groove, tout. Sauf la chanson. Je me suis dit «quel dommage qu’elle n’ait pas de meilleurs chansons». Puis je me suis rappelé que moi, j’avais de bonnes chansons. Alors je l’ai contactée…»

C’est pas le pôle emploi qui ferait ça

Les succès retentissants en Angleterre de AlunaGeorge et London Grammar démontrent que de cette démarche empirique du piochage de voix sur Internet peut naître des groupes prometteurs.

Ryan Merchant était un habitué de la chose: «J’allais régulièrement sur le site de petites annonces Craigslist pour trouver des musiciens pour des projets précis. Un jour, j’ai trouvé l’annonce de Sebou Simonian.»

Il suffit de chercher dans le bon coin

Ensemble, ils composent quelques morceaux mais se retrouvent vite à honorer des commandes de musiques publicitaires. Ils apprennent à travailler ensemble.

«On parlait déjà beaucoup de musique, de productions, raconte Ryan Merchant. On avait la même idée de la marche à suivre pour réaliser de la bonne musique alors un jour, on s’est lancés.»

Premier morceau, premier tube

Ce coup d’essai du duo, c’est Safe and Sound, tube international repris dans plusieurs pubs et émissions de télé. Le groupe prend le nom Capital Cities.

 

«On s’est rencontrés par hasard mais avec le recul, c’était évident qu’on devait se rencontrer, estime Sebou Simonian. On habite tous les deux dans la même ville, à Los Angeles, où il y a beaucoup de musiciens professionnels qui bossent en solitaires. Mais l’énergie, l’envie de renverser les montagnes, ça ne vient qu’avec l’émulation d’un partenaire aussi enthousiaste.»

Pour un réseau plus sûr

Néanmoins, pour engager les musiciens de leur tournée, Capital Cities n’est pas allé sur Craigslist.org. «On a plutôt fait confiance à notre réseau d’amis traditionnel parce qu’on n’avait pas le temps de tester les musiciens, il nous fallait des bons tout de suite.»

Voilà pourquoi Ryan Merchant refuse de voir une réelle tendance. «L’histoire retient les groupes formés grâce à Internet qui ont réussi leur coup mais oublie les centaines d’autres, impossible à recenser.»