Rentrée littéraire: Quel roman pour quelle occasion?

RENTREE LITTERAIRE 555 livres, c'est un peu beaucoup pour un seul homme. «20 Minutes» vous a choisi les romans adaptés à vos repas de famille et vos dîners en ville...

Benjamin Chapon, Anne Kerloc'h, Annabelle Laurent et Stéphane Leblanc

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Rentrée littéraire, choisir le bon roman.
Rentrée littéraire, choisir le bon roman. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Cela pourrait être pire. Cette année ne débouleront dans les librairies, entre la mi-août et fin octobre, que 555 livres, contre 646 l’an dernier. Mais votre temps est compté et votre agenda est déjà plein. Impossible de sécher, pas le temps de bouquiner. Heureusement, 20 Minutes vous a choisi les romans à dégainer pour chaque occasion.

Pour un dîner de trentenaires

Le livre: Génération A de Douglas Coupland (Diable Vauvert). Dans un futur proche où les abeilles ont disparu de la Terre, cinq personnes se font piquer… Une narration à cinq voix, drôle et délirante sur le monde technologique de demain. 
Pour représenter dignement la génération Y: Rappeler que Douglas Coupland est l’auteur canadien du roman culte Génération X, qui a su décrire en 1991 l’angoisse existentielle de vos aînés. Lancer un débat «Sommes-nous tous addicts?» en pointant d’un doigt accusateur vos cinq smartphones qui trônent sur la table.
Menu: Magret de canard au miel. 

Pour un week-end avec votre mère

Le livre:
La garçonnière d’Hélène Grémillon (Flammarion). A Buenos Aires, en 1987, la femme d’un psychiatre est retrouvée défenestrée. Sur fond de dictature argentine, un récit sensible et percutant où tout se lit à double sens.
Pour épater maman : S’étonner du phénomène d’édition de son premier roman «Le confident», vendu à 250.000 exemplaires et traduit en 27 langues. S’autoriser une parenthèse people en glissant que l’auteure est mariée à Julien Clerc. Et qu’ils se vouvoient.
Menu: Filet de bœuf argentin, un verre de Malbec.

Pour un repas en famille (dysfonctionnelle)

Le livre:
Canada de Richard Ford (L’Ollivier). Une famille américaine explose en plein vol (le père est un pilote ratée de l’Air Force) quand les parents décident de braquer une banque et se font pincer. Dell, 16 ans, et sa sœur jumelle sont contraints à l’exil. Au Canada, il va se fabriquer un destin, avec un père de substitution, décider de sa vie et accéder au bonheur.
En glissant que vous ne serez pas là pour le repas de noël: Noter que le héros se réalise pleinement loin de sa famille, grâce à la découverte du libre-arbitre, et qu’il n’en aime pas moins ses parents tarés. Oublier de préciser que les parents meurent.
Menu: Steak de Caribou sauce aigre-douce au sirop d’érable.

Pour une rencontre parents-profs

Le livre: Toute la noirceur du monde de Pierre Mérot (Flammarion). Le Mérot se veut le roman maudit de la rentrée, titre qu’il dispute à Utoya de Laurent Obertone (Ring), sur le tueur Anders Bervik. Jean Valmore, prof en lycée, décide un jour d’assumer pleinement son côté obscur, voire immonde et de rejoindre les franges les plus folles de l’extrême-droite. Refusé par Stock, Gallimard et Grasset, le roman brille plus par ses déboires éditoriaux que par ses outrances (ô mais que peut donc bien faire le narrateur avec une chienne errante et un incinérateur maison, hein ?) que par ses qualités littéraires, à l’extrême du faiblard.
Pour vous faire mal voir toute l’année: Lancer «C’est vrai qu’il y a de plus en plus de profs qui votent FN?»
Menu: Chipsters, crémant de Loire et gobelets en plastique. 

En tête-à-tête avec soi-même

Le livre: La nostalgie heureuse d’Amélie Nothomb (Albin Michel). Amélie-chan accompagne une équipe télé sur les traces du Japon qui l’a vue grandir… Autofiction égocentrée, le livre agace un peu, mais Nothomb a le sens de la formule: «Je suis une aspirine effervescente qui se dissout dans Tokyo»...
Pour préparer son voyage au Japon: Lire attentivement sa description du «kensho», cette façon de ressentir le vide en soi, sentiment d’extase typiquement japonais.
Menu: Allez, une gâterie: Juste la cerise, là, sur le top du gâteau, avec une rasade de thé vert!