Du rap à message qui positive

©2006 20 minutes

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Il y a des noms qui résonnent comme des légendes. Arrested Development est de ceux-là. Pour le plus grand plaisir de leurs fans, ce groupe de rappeurs philadelphiens revient avec un nouvel album et un concert unique et exceptionnel, ce soir au Trabendo (Paris 19è).

Since the Last Time, leur sixième opus, est toujours aussi joyeux et positif. Dans les années 1990, ils nous avaient fait hurler « I Am an Every Day People » et avaient rempli les pistes de danse avec Mr Wendal. Après s'être séparés en 1994, laissant Speech tenter sans succès une carrière solo, Arrested Development est de retour depuis 2002 avec une musique plus soul et énergique. Aujourd'hui, leur groove s'est enrichi de piano, de scratchs bien sentis et de grosses basses. Sur scène comme sur disque, ils distillent avec puissance une joie de vivre à laquelle personne ne résiste. Autour de Speech, le chanteur à la voix traînante, les choristes se la jouent gospel, les cuivres s'enflamment et les riffs de guitares apportent une note funky. Quand le groupe a sorti son premier disque, en 1992, il s'était positionné comme pacifiste et adepte du naturel, en opposition à la violence et au clinquant d'un gangsta rap au succès grandissant. Avec, déjà, une volonté marquée d'alerter sur les problèmes africains. Quatorze ans après, la musique a évolué mais le discours demeure le même. Speech et ses amis n'ont rien perdu de leur envie de faire passer la qualité et les messages avant tout. Distillant son message de paix, de générosité et de recherche spirituelle, le groupe reste fidèle, à l'instar de The Roots ou De La Soul, à l'esprit de ce qu'on avait appelé « cool-fun-friendly rap ».

Sur scène, cela se concrétise par une énergie étonnante. Accompagné d'une formation de six musiciens et de deux choristes sexy, vêtues de boubous, Speech ne se ménage pas. Il sautille sans cesse, harangue le public, reprend du Bob Marley et sourit continuellement.

Adeline Lajoinie