«Beat Generation/Allen Ginsberg», une expérience poétique au musée

EXPOSITION «Beat Generation/Allen Ginsberg», sur une série d’écrans et présentée simultanément dans quatre institutions européennes, donne à voir une série de documents inédits...

Anne Demoulin
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Interview d'Allen Ginsberg par Jean-Pierre Mirouze à la librairie  Shakespeare & Compagnie, rue de la Bûcherie, extrait du film He Viva  dada, Paris, 1965.
Interview d'Allen Ginsberg par Jean-Pierre Mirouze à la librairie Shakespeare & Compagnie, rue de la Bûcherie, extrait du film He Viva dada, Paris, 1965. — Jean-Michel Humeau

Une expérience sensorielle, psychédélique au sens étymologique du terme. L’exposition virtuelle «Beat Generation/Allen Ginsberg», déployée sur une série d’écrans et présentée simultanément dans trois institutions européennes (voir encadré ci-dessous), révèle en effet l’âme du mouvement littéraire né dans les années 1950 aux Etats-Unis autour de William Burroughs, Jacques Kerouac et Allen Ginsberg.

«J’ai mis près de 23 ans à rassembler tout ce matériel», confie le plasticien Jean-Jacques Lebel, commissaire de l’exposition. Et c’est une anthologie visuelle et sonore de la Beat Generation que donne à voir son installation. Des enregistrements, des entretiens, des films, des performances, des documentaires, des photos, des textes, des tableaux, pour la moitié, inédits. Ici, pas d’approche pédagogique.

 «Un immense collage en mouvement» 

«Il s’agit d’un immense collage en mouvement. J’aime l’idée que le visiteur puisse se perdre dans cette sorte de jungle et fabrique sa propre exposition», résume l’artiste. De fait, l’exposition peut tout aussi bien se visiter en quelques minutes ou en plusieurs heures. Chacun pioche selon son envie. «L’objectif est de restituer une expérience poétique», conclut Jean-Jacques Lebel.

Un entretien inédit avec le poète Allen Ginsberg

Une histoire d’amitié. «Beat Generation/Allen Ginsberg» retrace les liens qui unissaient les auteurs de la Beat Generation, mais aussi celle d’Allen Ginsberg et de Jean-Jacques Lebel, le commissaire de l’expo. «Nous nous sommes rencontrés en 1957 au Beat Hôtel à Paris. J’étais bilingue et Allen ne parlait presque pas français», se souvient Jean-Jacques Lebel. Rapidement, Ginsberg lui demande de devenir son traducteur. «Ce type illuminait la vie des gens», confie-t-il. C’est à sa demande que Jean-Jacques Lebel réalise un long entretien de quatre heures. Ce document exceptionnel sera à découvrir à la rentrée en DVD (Arte).

Informations pratiques «Beat Generation/Allen Ginsberg»

Jusqu’au 9 septembre au Centre Pompidou-Metz,  jusqu’au 1er septembre aux Champs Libres à Rennes et au ZKM à Karlsruhe (Allemagne).