Des cendres de tableaux volés de Picasso, Matisse et Gauguin retrouvées en Roumanie

avec AFP

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Les tableaux volés du musée Kunsthal de Rotterdam en octobre 2012.
Les tableaux volés du musée Kunsthal de Rotterdam en octobre 2012. — DANIEL MIHAILESCU / AFP

Les cendres saisies chez la mère de Radu Dogaru, un Roumain accusé d'avoir volé sept tableaux de maîtres aux Pays-Bas, contiennent les restes d'au moins trois tableaux peints à l'huile voire quatre, a annoncé jeudi le Musée national d'histoire de la Roumanie.

En moins de 90 secondes, sept toiles de maîtres avaient été dérobées du musée Kunsthal de Rotterdam en octobre 2012: Tête d'Arlequin de Pablo Picasso, La Liseuse en Blanc et Jaune d'Henri Matisse, le Waterloo Bridge et le Charing Cross Bridge de Londres signés Claude Monet, Femme devant une fenêtre ouverte, dite la fiancée de Paul Gauguin, Autoportrait de Meyer de Haan et Woman with Eyes Closed (Femme aux yeux clos) de Lucian Freud.  La valeur estimée des tableaux est de 18 millions d'euros, selon le parquet.

 Des clous et des agrafes retrouvés

«Le nombre de clous (retrouvés dans les cendres, ndlr) et leur type indique qu'il y a eu au moins trois tableaux brûlés et les agrafes probablement un quatrième», a déclaré le directeur du musée, Ernest Oberländer-Tarnoveanu en présentant les résultats d'une expertise effectuée par les spécialistes de son institution. Il s'est en revanche refusé à dire si les tableaux brûlés étaient ceux dérobés à Rotterdam.

«Il existe des éléments certains qui proviennent de tableaux brûlés, mais s'ils proviennent des tableaux volés au musée Kunsthal de Rotterdam ou pas, c'est une autre chose,» a-t-il déclaré, estimant qu'il revenait au procureur de déterminer cela.

 Brûlés dans le poêle de la maison

Le 18 juillet, Ernest Oberländer-Tarnoveanu avait déjà indiqué que les cendres saisies chez la mère du principal suspect du vol de tableaux contenaient «des fragments typiques de tableaux à l'huile brûlés». Le musée s'est notamment basé sur la découverte de pigments bleu, jaune, rouge et vert à base de plomb et de zinc qui ne sont plus utilisés actuellement.

La mère de Radu Dogaru, un des auteurs présumés du vol, avait déclaré aux enquêteurs avoir décidé de brûler les tableaux dans le poêle de sa maison pour détruire les preuves, avant de revenir sur ses déclarations.

Elle sera jugée, avec son fils et quatre autres Roumains à partir de mardi à Bucarest, pour l’un des plus importants vols de tableaux du siècle.