A Brive, un bon livre, ça n'a pas de prix

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Imperturbable Foire de Brive ! Ce week-end, la 25e édition du salon du livre le plus visité de France après Paris ne semblait pas concerné par les scandales qui éclosent dans le landerneau littéraire parisien : la parution posthume du Journal de Jacques Brenner (Pauvert), ancien juré du prix Renaudot, qui raconte les petits arrangements entre jurys et éditeurs n'a pas ému les foules. « La littérature, c'est comme partout, il y a des magouilles, s'exclame un visiteur. Mais ça n'empêche pas les livres d'être bons. » Madeleine Chapsal, fraîchement évincée du prix Femina, dédicace ses livres, tout sourire : « J'ai été choquée de mon exclusion de ce prix. J'y étais jurée depuis vingt-cinq ans ! Mais c'est sans regret : j'ai simplement raconté ce qui se passait au cours de nos délibérations. Notre époque a besoin de transparence. Et si Régine Desforges et moi créons un prix, comme beaucoup nous le demandent, ses membres n'auront pas de droit de réserve. »

Brive s'intéresse désormais plus aux livres qu'aux prix, et bien loin semble le temps où le Goncourt se décidait ici quelques jours avant son annonce à Paris. Cette année, aucun candidat ni juré du Goncourt ou du Renaudot ne se sont déplacés. A l'exception de Bernard Pivot, juré Goncourt, venu en écrivain pour son Dictionnaire amoureux du vin (Plon), et Alain Mabanckou, inscrit sur la liste du Renaudot. La Foire de Brive n'a pourtant pas désempli : 135 000 visiteurs sont venus voir les cinq cents auteurs invités. Et acheter leurs livres : « Les recettes sont colossales, confirme Françoise, bénévole sur le salon depuis dix-sept ans. Les gens viennent de loin et achètent souvent leurs livres pour l'année. »

A Brive, Karine Papillaud