Thom Yorke, chanteur de Radiohead, se rebelle contre Spotify

Joël Métreau
— 
Thom Yorke, au premier plan, avec le groupe Atoms For Peace, le 22 mai 2013, à Los Angeles.
Thom Yorke, au premier plan, avec le groupe Atoms For Peace, le 22 mai 2013, à Los Angeles. — Chris Pizzello/AP/SIPA

On ne trouvera plus sur Spotify The Eraser, le premier album solo de Thom Yorke, ni Amok de Atoms for Peace, son projet avec le producteur Nigel Godrich. Les artistes britanniques entendent ainsi marquer leur désapprobation à l’égard du service de musique en streaming en ligne, qu’ils jugent peu profitable pour les artistes. Lundi, leurs œuvres avaient été retirées de Spotify mais aussi des services Rhapsody et Rdio. Sur le service français Deezer, seuls trois titres de The Eraser et de Amok étaient disponibles à l’écoute. Les albums de Radiohead, eux, n’ont pas été retirés.

Make no mistake new artists you discover on #Spotify will no get paid. meanwhile shareholders will shortly being rolling in it. Simples.
— Thom Yorke (@thomyorke) July 14, 2013

«Ne vous méprenez pas, les nouveaux artistes que vous découvrez sur Spotify ne seront pas payés», a écrit le leader du groupe Radiohead sur Twitter, ce qui ne serait pas le cas des «actionnaires». «C’est mauvais pour la nouvelle musique», a renchéri Nigel Godrich, qui a également retiré de Spotify son album conçu avec son groupe Ultraista. «La raison, c’est que les nouveaux artistes ne gagnent pas un rond avec ce modèle. C’est une équation qui ne fonctionne juste pas», a-t-il ajouté. Pour lui, ce modèle musical ne servirait que les artistes qui possèdent déjà un bon catalogue de disques.

Un porte-parole de Spotify aurait réagi en évoquant «une petite révolte infondée» qui ne causera de tort qu’à leurs fans. Ce que Thom Yorke a dénoncé: «Non, nous défendons nos amis musiciens.»

“your small meaningless rebellion is only hurting your fans ... a drop in the bucket really” No we're standing up for our fellow musicians
— Thom Yorke (@thomyorke) July 14, 2013

  Les deux musiciens ont également reçu le soutien du talentueux musicien électro britannique Four Tet, qui a indiqué qu’il avait fait enlever toutes les œuvres de son label, Text Records.

@nigelgod exactly... I had everything on my label taken off. Don't want to be part of this crap.
— Four Tet (@FourTet) July 14, 2013

Interrogé par le site Music Week, un responsable de Spotify s'est défendu, chiffres à l'appui, de ne pas soutenir les artistes à la carrière naissante: «Nous voulons aider les artistes à créer des liens avec leurs fans, trouver de nouveaux publics, augmenter le nombre de leurs fans et à vivre de la musique que nous aimons tous.» Selon lui, Spotify a déjà versé 500 millions de dollars aux ayants-droits, une somme qui atteindra le milliard de dollars à la fin de l'année. «Beaucoup de cet argent est investi dans le soutien aux nouveaux talents et dans la production de nouvelle musique», a-t-il poursuivi sans précisions.

Un musicien est venu au secours du service de streaming de musique en ligne. Dave Stewart, ancien membre du groupe pop Eurythmics, qui a poursuivi une carrière solo, a déclaré sur Twitter à l'attention de Nigel Godrich et de Thom Yorke: «J'avais des doutes concernant Spotify, mais je les ai rencontrés et j'ai été impressionné par ce qu'ils essaient de faire pour les artistes». Bon... ce n'est pas spécialement un jeune talent, mais Spotify a dû apprécier.

@nigelgod @thomyorke I had concerns about Soptify too but I met with them and was impressed at what they are trying to do for artists
— Dave Stewart (@DaveStewart) July 15, 2013