Francofolies: «Cassez la voix», 25 ans après

FESTIVAL Patrick Bruel chantait vendredi soir pour l'ouverture des Francofolies de La Rochelle...

Benjamin Chapon

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Patrick Bruel au Zénith de Paris, 4 juin 2013. 
Patrick Bruel au Zénith de Paris, 4 juin 2013.  — Jonathan Duron / 20 Minutes

«Tu crois qu'il va vraiment la chanter?» Un spectateur rochelais inquiet se demandait vendredi soir si Patrick Bruel allait fair ele rapprochement entre la chanson qu'il a écrit, il y a 25 ans, un soir, en rentrant d'un concert aux Francofolies, et le terrible accident de train de Brétigny-sur-Orge. «Ben oui, cassez la voie... de chemin de fer.»

Heureusement, le mauvais esprit de ce spectateur était largement minoritaire dans l'assisatnce. Le public rochelais a fait un triomphe à un Patrick Bruel ému... et bavard.

«Bruel, c'est trop»

Une partie non négligeable de vendredi soir, première soirée de cette 28e édition des Francofolies, a quitté la place Saint-Jean d'Acre pendant la prestation de Patrick Bruel.

«Il parle trop le vieux», tranche Yoann, venu avec ses amis fraîchement bacheliers, pour voir Cali et Raphaël. «Cali, il a fait un concert de fou, même si je n'aime pas trop sa musique, et Raphaël, je suis resté parce que ma copine adore, analyse Yoann. Mais là, Bruel, c'est trop.»

Le retour des chevelus

Il n'y avait pas que des cinquantenaires dans le public plutôt familial du festival mais un certain nombre se vantait d'avoir assister, il y 25 ans, au fameux concert après lequel Patrick Bruel avait trouvé l'inspiration pour écrire son tube «Cassez la voix».

«A cette époque, le festival était tout jeune et nous aussi, se rappellent Bertrand et Monique. Il y avait un côté post-hippie à faire la fête comme ça en centre-ville. Les Rochelais n'avaient jamais vu autant de chevelus d'un coup.»

5000 spectateurs se cassent la voix  

Avant de finir son concert, Patrick Bruel a raconté comment, en 1987, après avoir donné un concert devant 400 personnes et «par 50 degrés, au moins», il avait assité à celui de Jacques Higelin puis était rentré, «tout retourné par cet artiste exceptionnel» à son hotel pour composer «Casser la voix.»

Plus de 25 ans après, le tube est toujours vivant si l'on en croit la manière dont les 5000 spectateurs de vendredi soir l'ont entonné en choeur.

Et maintenant?

Les Francofolies continuent jusqu'à mardi soir. Peut-être, dans ses coulisses, un jeune artiste ou un jeune groupe va composer une chanson qui, dans 25 ans, sera encore sur toutes les lèvres. Misons sur les Normands de Granville, déjà auteurs de morceaux qui mériteraient de passer à la postérité.