L’inventeur de la musique concrète expose sa peinture concrète au musée d’Art moderne

EXPO Le compositeur Pierre Henry, inventeur de la musique concrète dans les années 1950, expose son «Autoportrait en 53 tableaux» jusqu’au 1er décembre au musée d’Art moderne de la ville de Paris…

Stéphane Leblanc

— 

Eventail, 1988, Métal, bois et encre de Chine sur bois
Eventail, 1988, Métal, bois et encre de Chine sur bois — Collection Pierre Henry

Le papy de la techno se met à la colle avec les arts plastiques. Compositeur mondialement reconnu, inventeur avec Pierre Schaeffer de la musique concrète, à l’origine de la musique électro-acoustique au début des années 1950, Pierre Henry, 85 ans, présente son «Autoportrait en 53 tableaux» au musée d’Art moderne de la Ville de Paris.

«La musique suit son propre court, elle est comme une toupie», confie l’ancien élève d’Olivier Messiaen, qui raconte dans un texte affiché dans la salle du musée éprouver le besoin «de [s’]arrêter sur un son comme un arrêt sur image». Pierre Henry fixe ses oeuvres sur du bois parce qu’il aime son côté palpable. «J’en casse pour faire de la musique, souligne-t-il. Je collectionne mes bois comme je collectionne mes sons et mes bois, je les visse, je les colle, je les râpe, je les peins en une couleur nouvelle...»

Exposition comme à la maison

Figuratives («Eventail») ou abstraites («Quadrature du cercle»), ses «peintures concrètes» ne sortent généralement pas de chez lui, de sa «Maison des sons», comme il appelle son pavillon de banlieue parisienne, car ces œuvres ne sont pas à vendre. Pierre Henry les façonne à partir de ses propres machines, instruments ou lecteurs de bandes magnétiques devenus obsolètes.

«Il ne peut se résoudre à les jeter quand ils ne fonctionnent plus», note son assistante Annick Duboscq, qui cite ce «Piano crucifié entièrement désossé». Ou cette «Console pour un seul homme», clin d’oeil à la «Symphonie pour un homme seul» qui l’a fait connaître.

«Le jour du vernissage, Pierre Henry avait un trac de jeune homme», raconte la commissaire Marie-Sophie Carron de la Carrière, quand une foule d’admirateurs, dont l’acteur Jean-Paul Farré ou la créatrice Agnès B, l’ont applaudi.