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Culture

Des clichés qui font forte impression

La 14e édition du Mois de la photo à Paris débute aujourd’hui, avec une soixantaine d’expositions

En retenant cette année la page imprimée comme thème , les organisateurs du Mois de la photo à Paris risquent de surprendre un public plus habitué à l’image numérique à usage domestique. Mais, si le secteur de l’édition photo semble dynamique–avec des librairies bien fournies et le succès de livres comme La Terre vue du ciel de Yann Arthus- Bertrand–, Gabriel Bauret, délégué artistique de la manifestation, y voit un phénomène en trompel’oeil. « L’édition de livres photo est riche, mais ne concerne que des petits tirages, ce qui rend ces ouvrages difficilement rentables. » Malgré tout, la vingtaine d’expositions consacrées au livre montre combien cemédiumconstitueencore une sourced’inspiration pour les photographes. Exposé à l’atelier Demi-Teinte (Paris 9e), le reportage de Didier Lefèvre sur une mission humanitaire en Afghanistan constitue à la fois le point de départ et la matière première de la magnifique trilogie en bande dessinée Le Photographe, sortie chez Dupuis. Dans
un registre plus classique, les portraits et natures mortes de Jean- Baptiste Huynh, à l’Ecole nationale
des beaux-arts (Paris 6e), ont été conçus, dès la prise de vues, pour figurer dans une série d’ouvrages thématiques sur le Mali, le Japon, l’Inde et l’Ethiopie. «J’aime le rapport d’intimité que l’on a avec un livre, explique l’artiste franco-vietnamien. Le lecteur participe à sa façon à l’oeuvre en donnant un rythme particulier aux pages qu’il tourne. » Même les livres pour enfants sollicitent l’imaginaire des photographes, comme en témoigne le joli travail de François Delebecque. Présentées à la galerie En marge (Paris 10e), ses mises en scène poétiques et humoristiques de paysages ont été réalisées à l’aide d’ours en peluche ou de petits bateaux à voiles.

Marc Héneau