La filiation ou la quête d'éternité

©2006 20 minutes

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Considéré comme le maître du manga d'horreur, le Japonais Kazuo Umezu devrait de nouveau faire frissonner ses fans français avec Baptism (Glénat). Encore plus gore que L'école emportée (qui a révélé Umezu au public français), le premier tome de cette série – qui en compte quatre – aurait dû être un shôjo, c'est-à-dire un manga pour jeune fille. Au fil de sa réalisation, c'est pourtant devenu un chef-d'oeuvre d'épouvante dont certaines scènes frôlent carrément l'insupportable. Le récit tourne autour de la lente déchéance physique d'une grande actrice, autrefois adulée pour sa beauté. Izumi fuit les feux de la rampe et donne naissance à une adorable petite fille, Sakuma, qu'elle élève loin des regards. Devenue préadolescente, Sakura découvre avec effroi que sa mère ne l'a conçue que pour retrouver sa beauté d'antan. Un obscur chirurgien doit en effet pratiquer une greffe du cerveau de la mère dans le corps de sa fille...

Au-delà du pur récit d'horreur, Baptism exploite l'idée selon laquelle les liens filiaux ne seraient, in fine, qu'une quête d'éternité. Publiée au Japon en 1974, la série (dont le second tome sort le mois prochain) a d'ailleurs inspiré de nombreux essais sur ce postulat discutable, mais aussi sur la profondeur du récit d'Umezu.

Olivier Mimran