Culture

Hamlet pour les yeux et les oreilles

Même si la représentation de ce Hamlet est en anglais et surtitrée, il ne faut pas attendre du Wooster Group une version respectueuse de la tradition shakespearienne. La troupe qui se produit très rarement en France y fait néanmoins escale pour inter...

Même si la représentation de ce Hamlet est en anglais et surtitrée, il ne faut pas attendre du Wooster Group une version respectueuse de la tradition shakespearienne. La troupe qui se produit très rarement en France y fait néanmoins escale pour interpréter Shakespeare.

Ce collectif théâtral new-yorkais reste, après plus de trente ans d'activité, l'une des troupes les plus irrévérencieuses et les plus inventives. Fondé au milieu des années 1970 par sept artistes, Jim Clayburg, Wilhem Dafoe, Spalding Gray, Peyton Smith, Kate Polk, Ron Wawter et Elizabeth LeCompte, le Wooster est dirigé aujourd'hui par cette dernière, qui assure aussi les mises en scène.

Dès l'origine, le groupe mélange les techniques. Il travaille voix et gestuelle, use des ressources de la technologie du son et surtout de l'image. Le résultat est provocateur et a su préserver l'esprit de la contre-culture américaine. Dans cette version novatrice d'Hamlet, un gros travail d'analyse a ainsi été entrepris sur le film réalisé par Richard Burton en 1964. Il est samplé et réinterprété collectivement par la compagnie. Les acteurs répondent aux images des moniteurs et improvisent pour évoquer tout ce que le texte ne dit pas.

Cette approche est typique de la méthode du groupe et a beaucoup marqué le théâtre expérimental en Europe. Mais la force plastique de ces productions, la place donnée au travail gestuel des acteurs a influencé jusqu'aux chorégraphes contemporains. Ils ont en effet trouvé dans les expériences du Wooster une source d'inspiration pour toutes les formes « multimédias » actuelles.

P. Verrièle

Au Centre Pompidou (Paris 4e) à partir de demain soir et jusqu'au 10 novembre.