Japan Expo, à la fois festival, foire et fête pour les fans de pop culture nippone

Joel Metreau
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Une adepte de cosplay à la Japan Expo, au parc des expositions de Villepinte, le 4 juillet 2013.
Une adepte de cosplay à la Japan Expo, au parc des expositions de Villepinte, le 4 juillet 2013. — A. GELEBART / 20 minutes

A quoi reconnaît le succès de la Japan Expo, qui se tient jusqu’à dimanche au Parc des expositions de Villepinte? D’abord, à la saturation du réseau téléphonique. «Tu captes, toi? –Que dalle! –Vas-y, c’est une blague –On a beau être dehors, on capte pas, je vais mourir, fuck!» Et à l’intérieur, aux longues files d’attente pour les séances de dédicace. «Ma sœur est fan de Tetsuo Hara [créateur de «Ken le survivant » et invité d’honneur de cette 14e édition], mais elle n’a pas pu venir. Alors je fais la queue pour elle. Mais j’ai 0% de chance de l’avoir», soupire Lionel, 30 ans, fidèle de la Japan Expo depuis les débuts. Avoir quoi? Le sésame pour une signature. Car après la règle du «premier arrivé, premier servi», c’est le tirage au sort qui s’applique.

«J’ai un budget de 150 € pour aujourd’hui»

Lionel ira après faire des courses parmi les stands. Artegor, 29 ans, originaire de Rouen, lui vient de débourser 51,70€ en mangas chez Ankama, l’entreprise nordiste au style graphique inpiré par le trait nippon: «En tout, j’ai un budget de 150 € pour aujourd’hui.» Ajouté aux 10€ de droit d’entrée ce jeudi (17, samedi!), cela commence à peser. Japan Expo, c’est aussi du business: gadgets, figurines, bijoux, katanas en plastique... Les billets changent de main rapidement.

Mincir en devenant ninja

Ici, on peut acheter «Ultimate dance Diet video», «un DVD pour mincir tout en devenant ninja», explique une animatrice de la société Ninjyasize, avant de désigner sa responsable: «Elle a perdu huit kilos en trois mois!» Plus loin, c’est une vente de purikuras. Gné?  Damien Cardon, boss de la société Japan Pix, fait la démonstration: «Il s’agit de photos qu’on prend dans des cabines qui peuvent accueillir jusque six personnes en simultané. On prend plusieurs clichés et on les personnalise», explique-t-il en désignant l’écran où deux ados sont en train de coller des cœurs et des roses sur leurs photos.

Des câlins gratuits et des costumes

Des jeunes femmes s’agglutinent autour du stand «Amour Sucré». «C’est un jeu en ligne, c’est l’histoire d’une fille qui arrive dans un lycée et qui doit choisir entre plusieurs garçons», rougit Laure, 19 ans. Un jeu de drague en somme. Mais à la Japan Expo, pas besoin de virtuel pour faire connaissance. Des câlins gratuits sont offerts spontanément par des visiteurs portant des panneaux «free hugs». «C’est pour me rapprocher des gens», explique Ludivine, 24 ans, en robe rose bonbon. Les adeptes de cosplay se font accoster pour prendre la pose. Se croisent des couples improbables: Jack Sparrow-Spiderman, Ezio d’«Assassin’s Creed»-Naruto…

Dessinateurs amateurs

Outre les invités de prestige comme ce jeudi les acteurs de la série «Hero Corp» au Comic Con voisin, c’est l’occasion aussi pour des artistes de se faire connaître. Chez ComicVerse, une association pour dessinateurs amateurs, on a déployé les tables. Sur les quatre jours de l’expo vont se succéder 31 artistes. Se faire un nom aussi, pour Olivier Marle, sur le stand Olkeinheim Craft, qui crée bijoux et accessoires «rétrofuturistes»: «Attention, ce n’est pas du steampunk, c’est une autre esthétique, là on est plus dans Jules Verne», précise-t-il. Au Japan Expo et à la Comic Con, il faut savoir saisir toutes les nuances.