Alain Minc condamné pour plagiat

JUSTICE La justice a estimé mardi qu'Alain Minc avait contrefait 47 passages d'une biographie de René Bousquet…

J.M. (avec AFP)

— 

L'économiste Alain Minc, sur France 5, le 10 mars 2013.
L'économiste Alain Minc, sur France 5, le 10 mars 2013. — IBO/SIPA

La justice a estimé mardi qu'Alain Minc avait contrefait 47 passages d'une biographie de René Bousquet dans son dernier ouvrage L'homme aux deux visages. Jean Moulin, René Bousquet, itinéraires croisés (Grasset) et a ordonné l'insertion d'un encart dans le livre.

Accusant Alain Minc de plagiat, Pascale Froment, dont la biographie René Bousquet (Stock, 1994, réédité en 2001) consacrée à l'ancien haut fonctionnaire de Vichy fait référence, avait saisi le tribunal de grande instance de Paris en référé (procédure d'urgence). Son ouvrage était cité dans la bibliographie de celui d'Alain Minc, mais nulle part dans le corps du texte.

Un encart dans chaque livre et 5.000 euros de dommages et intérêts

Elle demandait l'interdiction de la diffusion de l'ouvrage et 100.000 euros de dommages et intérêts. Outre l'insertion d'un encart dans chaque exemplaire du livre, la présidente Marie Salord a condamné solidairement M. Minc et son éditeur à verser à Pascale Froment 5.000 euros de dommages et intérêts provisionnels, et 6.000 euros pour les frais de justice.

Dans son ordonnance, consultée par l'AFP, la juge a dressé un tableau dénombrant 47 reprises (sur 308 emprunts invoqués). Si chacune d'elles «prise isolément ne constituerait pas une contrefaçon, leur addition dans les 75 pages consacrées par Alain Minc à René Bousquet établit la reprise partielle de caractéristiques essentielles de la biographie de Pascale Froment».

«En résumant des passages et en changeant quelques mots ou expressions»

S'appuyant sur ce tableau comparatif, la magistrate a estimé que contrairement à ce qu'il soutient, Alain Minc «ne s'est pas contenté de reprendre des éléments purement factuels, historiques ou informatifs de l'ouvrage de Pascale Froment». « S'il n'a pas servilement copié les extraits de la biographie (...), Alain Minc a manifestement reproduit, en cherchant à modifier a minima les phrases, le plus souvent en résumant des passages et en changeant quelques mots ou expressions», a tranché la juge.

Auteur de Spinoza, un roman juif, Alain Minc avait été condamné en 2001 à verser 15.244 euros de dommages et intérêts à un professeur bordelais, Patrick Rödel, pour contrefaçon de sa biographie Spinoza, le masque de la sagesse.