Alela Diane retourne aux sources du folk

Benjamin Chapon

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Alela Diane
Alela Diane — Jaclyn Campanaro

En 2005, Alela Diane découvrait Paris en jeune étudiante romantique, solitaire et imperméable aux affres de la modernité. De cette expérience, elle tirait les textes de The Pirate’s Gospel, splendide album de folk pur.

Huit ans plus tard, la revoilà à Paris pour deux concerts mercredi et jeudi avec un nouvel album About Farewell. Jeune, elle l’est toujours. Romantique, beaucoup moins. Elle a eu le temps de se marier, divorcer, retomber amoureuse, puis enceinte. Et solitaire, elle a réappris à le devenir. De très entourée, elle est redevenue cette «lonesome» chanteuse, dans la plus parfaite tradition folk.

«Femme, amante et fille»

Un relatif succès, surtout en Europe, l’avait poussé sur les routes pendant de longues tournées. «C’est étonnant de voyager sans jamais rien voir, d’être sans cesse en mouvement sans savoir pourquoi. Je suis plutôt effacée et conciliante, mais là, j’en ai eu marre.»

Alela Diane a donc décidé de tout changer. Elle quitte son mari, qui était musicien sur sa tournée, et vire son père, également présent sur scène avec elle. «La situation était devenue très pesante, j’étais à la fois la fille, l’amante, la patronne de tous ces gars avec moi sur scène.»

Retour à la routine de Portland

Alela Diane a ensuite pris son temps pour composer et enregistrer, sur son propre label, Rusted Blue Record, About Farewell. «Après ces années très excitantes, j’ai eu besoin de routine.»

Originaire de Nevada City, en Californie, où elle a grandi à l’écart de la vie moderne, Alela Diane vit depuis quelques années dans la ville la plus branchée des Etats-Unis : Portland, dans l’Oregon.

Le calme avant la beauté

Mais la chanteuse profite peu de l’effervescence musicale locale. « Je ne vais pas beaucoup aux concerts, parce que ça me fait bizarre d’être dans la salle et pas sur scène. Les gens parlent fort, n’écoutent pas la musique… Mais sinon, la ville est très agréable.»

Fidèle à certains amis musiciens pour l’enregistrement, Alela Diane a en revanche composé seule son nouvel album. Elle y retrouve la magie de ses débuts avec un folk mystique et très incarné à la fois. «Je ne sais pas si la solitude est bonne pour moi, mais je sais que c’est bon pour ma musique.»