Photographie: Arles voit le monde en noir et blanc

FESTIVAL Coup d'envoi des grands événements de l'été, les Rencontres Internationale de la Photographie d’Arles débutent ce lundi... Une semaine de projections au théâtre Antique et trois mois d’expositions dans toute la ville… Et une thématique aussi radicale que rétro: le noir et blanc…

Stéphane Leblanc
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«Ubu et Bibi sur la route» de Jacques Henri Lartigue, avril 1925.
«Ubu et Bibi sur la route» de Jacques Henri Lartigue, avril 1925. — Jacques Henri Lartigue

Un parcours «radicalement noir et blanc». C’est ce que proposent les Rencontres Internationales de la Photographie d’Arles, dès ce lundi 1er juillet et jusqu’au 22 septembre. «Cela peut paraître paradoxal», souligne François Hébel, le directeur de la manifestation, qui fut le premier, en 1986, à présenter des photos en couleur en Arles…

«Jusque dans les années 1980, rappelle-t-il dans le programme, la couleur est regardée avec mépris, tandis que le noir et blanc est la photographie d’art par essence.» Mais les progrès techniques dans les années 1990 et l’essor du numérique dès les années 2000 ont scellé le déclin du noir et blanc. «Et avec lui l’abandon de l’album de famille», regrette François Hebel. Celui de Jacques Henri Lartigue, consacré à son adorée « Bibi ». Ou celui de Pierre Jamet sur la route des vacances avec son amoureuse et délicieux modèle Dina Vierny.

Y a-t-il encore une place pour le noir et blanc en 2013 ? En décidant de lui consacrer « radicalement » cette édition, les Rencontres d’Arles entendent bien le prouver. Et Jean-Noël Jeanneney, le président des Rencontres, de citer quelques oeuvres contemporaines majeures: «les paysages marins nocturnes d’Hiroshi Sugimoto, qui confinent à l’abstraction», ou les installations d’Alfredo Jaar, «artiste protéiforme qui emprunte autant au documentaire qu’à la peinture, au cinéma, à l’architecture et conduit à s’interroger de plus près sur les relations entre la photographie et l’actualité».