Franck Thilliez: «Les cyclistes sont des personnages de l’extrême»

Benjamin Chapon

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Franck Thilliez s'impose définitivement comme un maître du roman policier noir.
Franck Thilliez s'impose définitivement comme un maître du roman policier noir. — Philippe Matsas

Un cadavre avec un petit tube coincé dans la gorge. Dans le tube, un papier. Sur le papier, le chiffre «21». Comme le nombre de virages du mythique col de l’Alpe d’Huez… L’enquête peut commencer. Franck Thilliez situe sa nouvelle inédite «Un dernier tour» dans les Alpes, à la veille du centième du Tour de France.

Vous êtes amateur de cyclisme?
Quand j’avais une vingtaine d’années, je faisais pas mal de sport, notamment du vélo. Je sais que c’est le sport le plus difficile. Je suivais les étapes de montagne du Tour à l’époque. Mais là, j’ai un peu décroché.

Pourquoi?
J’ai l’impression que c’est devenu très technique et stratégique. Je ne comprends plus trop les commentaires avec leurs histoires de stratégie d’équipe. Il y a moins de surprises, moins de combat.

Cette nouvelle vous a été inspirée par votre expérience de cycliste ou de spectateur?
J’ai eu du mal à trouver le sujet. Forcément, j’ai pensé au dopage, qui peut entraîner une histoire policière. Mais comme il s’agissait de fêter le centième Tour de France, je n’avais pas envie de parler de ça.

Du coup, vous parlez de meurtres…
C’était l’occasion d’écrire une histoire qui se passe en montagne. Je connais bien les cols de l’Alpe d’Huez et du Galibier, dans les Alpes.

Diriez-vous que les cyclistes font de bons personnages de polars?
Ce sont des personnages de l’extrême. Il faut un mental de fer pour accepter de souffrir comme ça. En plus, ça ne leur rapporte pas énormément, à part aux vainqueurs.

On dit souvent que les cyclistes sont un peu fous…
Il y a des anecdotes rocambolesques, c’est vrai. Et puis il faut être un chien fou pour descendre une route de montagne à plus de 100 km/h. Mais ils sont aussi très stratèges.

Pulsions de mort et intelligence tactique… Ce sont des «serial killers» en puissance en fait?
J’y ai pensé pour la nouvelle. J’ai lu plein d’histoires d’empoisonnement au bidon. Mais j’ai poussé un peu le truc à l’extrême. Dans la réalité, il s’agissait surtout de laxatifs et de calmants.

La collection 12-21 fête le centième Tour du France en éditant cinq nouvelles inédites écrites par des stars du polar: Jean-Bernard Pouy, Gilles Legardinier, Franck Thilliez, Benoît Séverac et Jean-Marc Souvira. Les cinq nouvelles ont «la grande boucle» pour décor. Les deux premières nouvelles seront disponibles jeudi, deux jours avant le début du Tour, donné en Corse.