Le Centre National du Livre n’a plus de président

Benjamin Chapon

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Jean-François Colosimo, ex-président du Centre National du Livre
Jean-François Colosimo, ex-président du Centre National du Livre — BALTEL/SIPA

La surprise est totale. Jean-François Colosimo, nommé en mai 2010 à la tête du Centre National du Livre a annoncé ce mardi matin qu’il démissionnait. «J’ai décidé, ce jour, de remettre ma démission au président de la République. Un autre temps est venu. Je souhaite à mon successeur un plein succès.»

La lettre de l’ex-président du CNL n’entre pas dans les détails des motivations profondes de sa décision. Mais beaucoup y voient une démission forcée, commandée par des questions politiques.

Jean-François Colosimo a en effet été nommé à ce poste en 2010 par Nicolas Sarkozy. Dès l’arrivée de François Hollande à la présidence de la République, et d’Aurélie Filippetti au ministère de la Culture, les relations se sont tendues entre le président du CNL et sa tutelle.

Une fâcherie et une porte de sortie

Dès 2010, son projet controversé de réforme du système de commissions du CNL, auquel s’opposait notamment le monde de la poésie, avait été ajourné sine die par Aurélie Filippetti. Les observateurs du milieu littéraire notent d’ailleurs que Jean-François Colosimo a envoyé sa lettre de démission au président de la République et non à sa Ministre, comme il est d’usage.

Néanmoins, quelques heures après l’annonce de sa démission, on apprenait que Jean-François Colosimo était nommé président du directoire des éditions du Cerf. Une porte de sortie honorable que l’intéressé avait dû prendre le temps de se ménager avant d’annoncer sa décision.