Maxime Chattam : «Richard Matheson, un auteur phare de l’imaginaire»

Joel Metreau

— 

L'écrivain français Maxime Chattam.
L'écrivain français Maxime Chattam. — Jean-François Robert

L’écrivain français Maxime Chattam, auteurs de thrillers et de romans fantastiques best-sellers, raconte comment Richard Matheson, décédé dimanche, a influencé son œuvre. Ce membre du collectif La Ligue de l’imaginaire et auteur du récent La Conjuration Primitive (Albin Michel) évoque «un auteur phare de l’imaginaire»

Quand avez-vous découvert Richard Matheson?

Je l’ai découvert il y a vingt-cinq ans quand j’étais adolescent, quand j’ai commencé à m’intéresser à la SF en lisant Jack Vance, Stephen King, Lovecraft… Dans le genre, il faisait partie pour moi des auteurs phare. Le premier livre, que j’ai lu, c’était La Maison des damnés, un vieux livre qui sentait la poussière et qui a provoqué en moi des sensations fortes.

Quelle est selon vous la particularité de cet auteur?

Richard décrit une réalité qui va basculer dans l’irrationnel, mais tout en cherchant des explications scientifiques, qui apportent une crédibilité à son fantastique. Même dans Je suis une légende, le héros abandonne très vite la mythologie du vampire avec gousses d’ail et crucifix. En tant que romancier, je me retrouve dans cette idée-là. Dans ma saga Autre monde, j’essaie de cautionner le fantastique par des éléments scientifiques. Mais c’était aussi un scénariste, des certains films de Roger Corman, comme du Duel, de Steven Spielberg.

Un touche-à-tout donc?

Quand on regarde bien, il existe une ligne conductrice à son travail, c’est l’imaginaire. Comme King, il a travaillé dans plein de domaines, Matheson a aussi écrit des polars et des épisodes de  «La Quatrième dimension». Il essayait de ne pas s’enfermer dans un registre et de s’amuser, c’est ce que j’essaie de faire.

A-t-il une filiation aujourd’hui dans la littérature?

Avec les décès de Richard Matheson, Jack Vance et Iain Banks, on assiste à la disparition des grands de l’imaginaire. D’une génération plus proche, il reste Dean Koontz et Stephen King.

Dans un tweet, vous évoquez «une triste année pour l’imaginaire»…

Oui, avec les morts de Jack Vance et Ray Harryhausen, pionner des effets spéciaux au cinéma, et il y a quelques années de Ernest Gary Gygax. Pour  moi qui ai grandi dans les années 1980-1990 en m’en inspirant des ces romanciers, des jeux de rôles ou des effets spécaiux, ce sont les papys qui m’ont bercé, qui m’ont fait grandir et m’ont porté dans mon métier d’auteur. Oui, c’est une triste année pour l’imaginaire.

Boulevard de l'imaginaire au Grand Rex

Vendredi 28 juin au Grand Rex à Paris sera remis au cours d'une soirée ouverte au public un nouveau prix littéraire: celui du Boulevard de l'imaginaire. Il est décerné par le collectif  d'écrivains auquel appartient Maxime Chattam, La ligue de l'imaginaire.