Le magicien mexicain

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Magicien à l'image comme au fil du récit, Guillermo Del Toro alterne  habilement, dans cette production hispano-mexicaine, conte fantastique et peinture de la réalité fasciste.
Magicien à l'image comme au fil du récit, Guillermo Del Toro alterne habilement, dans cette production hispano-mexicaine, conte fantastique et peinture de la réalité fasciste. — Pascal Guyot AFP/Archives
Portrait de Guillermo Del Toro, réalisateur du Labyrinthe de Pan, en salles mercredi.

Film événement au dernier Festival de Cannes, Le labyrinthe de Pan n’en a pas moins été le grand oublié du Palmarès. « Je n’ai pas été trop déçu, explique Guillermo Del Toro. Qu’un film de genre comme le mien soit sélectionné dans le plus grand festival du monde et reçoive un accueil triomphal lors de sa projection était déjà un très beau cadeau. » A 42 ans, le metteur en scène est un homme comblé. Marié depuis vingt ans et père de deux fillettes, il a imposé son amour du fantastique en tournant dans son Mexique natal (Cronos, 1993), en Espagne (L’Echine du diable, 2001) et à Hollywood (Mimic, 1994/Blade 2, 2002, Hellboy 2004). « Toutes ces expériences ont été enrichissantes et complémentaires, insiste-t-il. Je ne me vois pas rester cantonné dans un seul pays. »

Le Labyrinthe de Pan permet de cerner les obsessions du cinéaste au fil des aventures d’une enfant qui évolue entre la violence de l’Espagne franquiste et un monde imaginaire peuplé de créatures cauchemardesques. « Les mauvais esprits auront tendance à dire que je me répète, s’amuse Del Toro, car c’est vrai qu’on retrouve dans ce film tout ce que j’aime au cinéma : des monstres difformes, des humains cruels et des insectes. J’aime explorer l’univers de l’enfance, beaucoup moins tendre qu’on se plaît souvent à l’imaginer.»

L’influence du peintre Goya, de l’illustrateur Arthur Rackham ou de certains auteurs de bandes dessinées comme Carlos Giménez a été déterminante chez ce boulimique de culture populaire, collectionneur de jouets, de « comics » et de DVD. « Je m’intéresse à tout, piochant à droite et à gauche ce qui va alimenter mon imagination », conclut Del Toro qui se prépare à donner une suite aux aventures d’Hellboy, impressionnant super héros créé par Mike Mignola et campé par Ron Perlman. En ce moment, le cinéaste peaufine la préparation de ce nouveau film, en attendant de savoir s’il va pouvoir ajouter un Oscar à sa collection de bibelots. Le labyrinthe de Pan a en effet été choisi pour représenter le Mexique à la célèbre cérémonie….

Caroline Vié

Retrouvez demain dans 20 Minutes l'interview du réalisateur ainsi que celle de Guillaume Canet pour son film Ne le dis à personne.