«Blurred Lines»: Le tube de Robin Thicke accusé de glorifier le viol

POLEMIQUE – Aux Etats-Unis, les féministes reprochent au texte et au clip de Robin Thicke de célébrer l'emprise des hommes sur les femmes...

Nicolas Beunaiche

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Image issue du clip de la chanson «Blurred Lines», de Robin Thicke.
Image issue du clip de la chanson «Blurred Lines», de Robin Thicke. — INTERSCOPE

«I know you want it, you’re a good girl…» Vous avez peut-être déjà fredonné les paroles du tube de Robin Thicke, «Blurred Lines», actuellement numéro un au classement des singles en France, sans penser au sens de la chanson. Littéralement, elle évoque, du point de vue d’un homme, la «timidité» d’une femme qui rêve d’une nuit de sexe mais n’ose pas le dire. Seulement, les féministes américaines, elles, y voient davantage une célébration du viol.

La polémique est partie du blog Feminist in L.A. tenue par Lisa Huyne. «Dites que je suis cynique, mais la phrase “I know you want it” n’évoque pas franchement la notion de consentement à l’activité sexuelle… Sérieusement, cette chanson est dégoûtante, même si elle est –il faut l’avouer- très entêtante», y écrit-elle. Dans la foulée, la top-model canadienne Aly Davison y est allée de sa vidéo YouTube pour dénoncer la réification de la femme dans le texte, mais aussi le clip non censuré de la chanson, où l’on voit des mannequins topless se trémousser aux côtés de Robin Thicke et ses acolytes, dont Pharrell Williams. «Les femmes sont clairement utilisées comme des objets pour renforcer le statut des hommes dans la vidéo. Ils sont en position de contrôle parce qu’ils ne sont pas vulnérables –ils sont entièrement vêtus-, alors que les femmes n’ont aucun statut et semblent totalement enclines à être exploitées», y explique-t-elle.

Une simple démarche commerciale?

Dans les médias, la controverse a fait son chemin à tel point que des chaînes de télévision, notamment CNN, ainsi que des journaux y ont consacré émissions et articles de débat. A sens unique? Pas vraiment. Maura Johnston, fondatrice du Maura Magazine citée par The Daily Beast, reconnaît certes que les paroles sont «problématiques», mais pas plus que de nombreuses autres chansons. Pour elle, il s’agit avant tout d’une démarche commerciale –provoquer pour attirer.

Frannie Kelley, journaliste pour la radio NPR Music, également citée par The Daily Beast, rappelle pour sa part que Robin Thicke bénéficie d’une image très positive aux Etats-Unis, et que ce contexte doit bénéficier à l’accusé. Finalement, ajoute-t-elle, «je me sens plus offensée par les gens qui essaient de me dire que cette chanson et cette vidéo sont problématiques que je ne le suis par le texte et le clip eux-mêmes. Honnêtement.» Un discours que semblent partager nombre de mélomanes aux Etats-Unis, où «Blurred Lines» truste, comme en France, la première place du Billboard.

>> Et vous, trouvez-vous la chanson et le clip de «Blurred Lines» scandaleux? Y voyez-vous une légitimation du viol? Dites-le nous dans les commentaires.

La vidéo tous publics par ici (la vidéo non censurée est ici):

 

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