Quand l’insulte inspire des produits dérivés

COLLECTION Popularisée il y a quelques années par un certain «Casse-toi pov’ con», l’injure est devenue depuis une manne à produits dérivés...

Stéphane Leblanc

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Pêle-mêle
Pêle-mêle — F. LODI / 20 MINUTES

Dans une période où la politesse semble surannée, l’insulte est à la pointe de la mode au point d’inspirer livres, sites et téléfilms vengeurs. Mais si le con n’est pas forcément «pov’», «il est assurément désagréable et idiot», souligne la directrice éditoriale de J’ai lu, Florence Lottin, qui s’y connaît pour avoir publié de nombreux livres qui le portent aux nues ou conseillent de l’éviter. Petite revue non-exhaustive de produits dérivés nés de la mode de l’insulte.

Le compulsif

Ce kit contient deux mini-guides de survie Travailler avec des cons et Vivre avec des cons, accompagnés d’une poupée vaudou à piquer sans pitié (J’ai lu, 16 euros). «Il y a dans ces ouvrages un caractère défoulatoire et jubilatoire revendiqué», confirme la directrice éditoriale de J’ai Lu, Florence Lottin. Plus sérieux, Objectif Zéro-sale-con (Pocket, 7 euros) est une méthode contre les conflits et les souffrances au travail.

Le concurrent

Autrefois, on les appelait des bardots, des bridoisons, des péquins ou des abatteurs de quilles. Le mot en trois lettres ne figure pas dans ce Dico des injures oubliées (Librio, 3 euros), preuve qu’il est encore en usage. «Ces injures n’avaient pas tout à fait la même signification, nuance Florence Lottin. Si le mot con était plus beau, ce ne serait pas un exutoire aussi efficace.»

Le connecté

Le site Monconnard.com répertorie une foule d’histoires vécues, façon VDM («Vie de merde»). Devant le succès, il a lancé une ligne de tee-shirts, coques iPhone ou slips «casse-toi connard», «je suis un connard et j’assume». Ou plus tendre, «joli petit canard». www.monconnard.com/store.

La combattante

Attribut féminin à l’origine, dérivé d’un mot latin signifiant «petit lapin», le con «n’a aucune connotation misogyne», assure Florence Lottin qui a d’ailleurs publié La femme parfaite est une connasse (J’ai lu, 5 euros), guide censé rassurer «les filles normales» (imparfaites, donc). Franc succès: le livre figure depuis vendredi dernier parmi les 20 best sellers de Livre Hebdo.

Le complaisant

Brassens chantait «tous les jeunes blancs-becs [qui] prennent les vieux mecs pour des cons» et «tous les vieux fourneaux [qui] prennent les jeunots pour des cons». Le héros de La Planète des cons, fiction diffusée mercredi dernier sur Canal+, aurait dû s’en souvenir avant de faire le vœu de les faire disparaître. Son voeu s’est réalisé au-delà de son espérance puisqu’il a disparu à son tour... «Ce film amusant montre qu’on est nombreux dans la connerie», témoigne Florence Lottin. Nul n’est épargné: on est tous le con de quelqu’un.

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