France «réactionnaire»: Hollande s'est expliqué avec Barroso

NEGOCIATIONS Le président de la Commission européenne s'en était pris à ceux qui défendent l'exception culturelle...

avec AFP

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Le président de la République François Hollande, le 12 juin 2013 à l'Elysée.
Le président de la République François Hollande, le 12 juin 2013 à l'Elysée. — HAMILTON-POOL/SIPA

François Hollande a indiqué lundi s'être expliqué avec le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, après la polémique provoquée par les critiques de ce dernier sur la volonté française d'exclure le secteur audiovisuel des négociations commerciales avec les États-Unis.

«Je lui ai dit que ses déclaration avaient suscité, comment dire, un certain émoi, une certaine surprise», a confié Hollande devant des journalistes après une rencontre avec Barroso qui, selon lui, «s'en est expliqué». Plus tôt, à son arrivée à Lough Erne (Irlande du Nord) pour le sommet du G8, Hollande avait indiqué ne pas vouloir croire que le président de la Commission européenne ait pu qualifier la France de «réactionnaire» en raison de sa défense de l'exception culturelle.

Pour Hollande, l'exception culturelle n'est pas négociable

«Je ne veux pas croire que le président de la Commission européenne ait pu tenir des propos sur la France qui seraient ainsi formulés, pas même sur les artistes qui se seraient exprimés», a-t-il déclaré à son arrivée à Lough Erne (Irlande du Nord) pour le sommet du G8. L'exception culturelle «est un principe qui a toujours été évoqué et à chaque fois écarté des négociations commerciales» conduites par l'Union européenne ces dernières décennies, a répliqué le chef de l'État français. «Il n'y a pas de raison que ça change cette fois-ci dans la discussion avec les États-Unis», a-t-il insisté.

«La meilleure preuve, c'est que les chefs d'État et de gouvernement ont accepté, via leurs ministres, que la question des services audiovisuels soit écartée de la négociation», a-t-il encore relevé. «Et ce que je demande au président Barroso, c'est maintenant de mettre en oeuvre le mandat qui a été décidé par les négociateurs au niveau des gouvernements», a souligné François Hollande. «Il n'y en a pas d'autre, a-t-il encore insisté après sa rencontre avec José Manuel Barroso. Je l'ai dit dès le départ et je le dirai à la fin (des négociations avec Washington), il n'est pas question que l'exception culturelle puisse être dans la négociation.»

Un porte-parole de la Commission, Olivier Bailly, a affirmé à Bruxelles que la remarque de Barroso ne visait pas la France mais «ceux qui en parallèle ont lancé des attaques personnelles contre le président (Barroso), souvent violentes et injustifiées contre la Commission».