Exception culturelle: La SACD «scandalisée» par les déclarations de Barroso

avec AFP

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La Société française des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) s'est déclarée ce lundi «scandalisée» par des déclarations de responsables de la Commission européenne, n'excluant pas de remettre sur la table l'audiovisuel lors de négociations commerciales avec les Etats-Unis.

«La SACD est scandalisée par les récentes déclarations du commissaire européen au Commerce, Karel De Gucht, et du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, laissant penser qu'ils n'hésiteront pas à outrepasser le mandat de négociation transatlantique qui leur a été confié vendredi 14 juin par les États-membres de l'Union», a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Nouvel accord de libre-échange

Après treize heures de négociations, les ministres européens en charge du Commerce extérieur ont donné vendredi soir leur feu vert à la Commission européenne pour qu'elle lance les négociations avec les Etats-Unis sur un nouvel accord de libre-échange. Pour parvenir à l'unanimité, ils ont accepté, comme l'exigeait la France, d'exclure complètement le secteur audiovisuel des discussions.

Mais le commissaire européen au Commerce Karel De Gucht a assuré dimanche que la non-inclusion de la culture dans le champ de la négociation à venir n'était que «provisoire» et pouvait être remise en cause dans le courant de la discussion.

Attitude «réactionnaire» de la France

M. Barroso, a quant à lui violemment critiqué la volonté de la France d'exclure le secteur audiovisuel du mandat de négociations, qualifiant cette attitude de «réactionnaire», et n'excluant pas que le secteur audiovisuel soit remis sur le tapis lors de l'ouverture des négociations. «La SACD rappelle à M. De Gucht qu'un commissaire européen ne saurait prendre des libertés à l'égard des décisions adoptées par les États et s'écarter des orientations strictes qui lui ont été données», a souligné celle-ci dans son communiqué.

«La SACD est également abasourdie par les déclarations à l'emporte-pièce du président de la Commission européenne», a-t-elle ajouté. «La SACD s'étonne qu'un président de la Commission européenne puisse se permettre d'utiliser le qualificatif de "réactionnaire" à l'égard d'un État membre de l'Union. Elle regrette d'autant plus cet égarement coupable que cette critique vaut également pour le Parlement européen qui a voté, le 23 mai dernier, une résolution à une majorité des deux tiers pour demander le respect de l'exception culturelle».

Appelant la Commission au «respect de la démocratie», la SACD a demandé «que le mandat adopté le 14 juin excluant l'audiovisuel du périmètre des négociations soit respecté à la lettre» et que «cessent immédiatement ces prises de parole intempestives et honteuses».