Mathias Malzieu : «Les sensations sur scène sont très flippantes»

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La 30e édition du Printemps de Bourges, qui s'est déroulée de mercredi à lundi, a connu un beau succès public avec 72.136 entrées, contre 65.000 l'an passé, et un nombre record de spectacles "complets", ont annoncé ses organisateurs lundi lors de la conférence de presse de clôture.
La 30e édition du Printemps de Bourges, qui s'est déroulée de mercredi à lundi, a connu un beau succès public avec 72.136 entrées, contre 65.000 l'an passé, et un nombre record de spectacles "complets", ont annoncé ses organisateurs lundi lors de la conférence de presse de clôture. — Alain Jocard AFP

Interview de Mathias Malzieu, chanteur de Dionysos

Parlons de ce concert au Zénith...

C'est un rêve de gosse. On adore la musique dépouillée, mais aussi Ennio Morricone, John Barry... Et on travaille avec un chef d'orchestre gourmand, curieux de tout. Il peut parler de Casse-Noisette et s'intéresser à Sonic Youth. Du coup, une espèce de décontraction et d'excitation se crée à l'idée de confronter des choses qui, a priori, ne vont pas ensemble.

Pas trop dur de chambouler ses habitudes ?

Au niveau des sensations sur scène, c'est très flippant. On n'a plus de repères. Jouer sur un ukulélé la petite compo écrite dans sa chambre, avec 60 musiciens derrière, ça met la pression. On a l'habitude de balancer notre musique d'intro et d'entrer sur scène. Mais là, l'orchestre doit s'accorder. Ça prend trois minutes interminablissimes pour moi.

Y a-t-il eu des galères techniques ?

J'ai vécu un grand moment de solitude aux Eurockéennes, quand la console de son est tombée en panne au milieu du concert. J'ai fait jouer l'orchestre en acoustique, mais le public n'entendait rien. Imagine 30 000 personnes qui sifflent ! A la fin du show, j'étais passé de l'euphorie à la déception et je ne savais plus si j'étais content ou pas. J'ai oublié ça en voyant la tête des musiciens. Ils étaient en plein émerveillement.

Quels sont vos projets ?

J'écris un nouveau livre et, en même temps, je compose sa BO comme si c'était un film. Comme le personnage principal a une horloge à la place du coeur, je suis allé faire des prises de son chez un vieil horloger. On a programmé des sons de craquements. J'avais l'impression d'être un docteur écoutant le coeur de mon personnage.

Recueilli par Isabelle Chelley

La Synfonietta de Belfort revisite le répertoire de Dionysos, ce soir au Zénith (Paris 19e). Un concert rodé cet été aux Eurockéennes, mais rallongé d'une demi-heure. Il sortira en DVD en janvier 2007, avec un documentaire sur les coulisses de la rencontre.