"Nouveaux lieux, nouvelles galeries, presque tout est nouveau", affirme à l'AFP Martin Bethenod, commissaire général d'une Foire Internationale d'Art Contemporain "plus parisienne et plus internationale que jamais", ouverte du 26 au 30 octobre.
"Nouveaux lieux, nouvelles galeries, presque tout est nouveau", affirme à l'AFP Martin Bethenod, commissaire général d'une Foire Internationale d'Art Contemporain "plus parisienne et plus internationale que jamais", ouverte du 26 au 30 octobre. — François Guillot AFP

Culture

Fiac officielle vs manifestations off

La 33e Fiac, qui ouvre aujourd’hui à Paris, devra cohabiter avec de nouvelles foires concurrentes

2006, année charnière pour la Fiac. Exilée depuis treize ans loin du centre de Paris (d'abord quai Branly, puis Porte de Versailles), la Foire internationale d'art contemporain réintègre enfin l'espace restauré du Grand Palais. De quoi réjouir collectionneurs et galeristes, même si la superbe verrière ne peut accueillir la totalité des 168 exposants. Une partie d'entre eux s'installe donc à la cour Carrée du Louvre, dévolue à la création émergente et à la section design. Malgré tout, ce retour au coeur de Paris se traduit par une réduction de 25 % du nombre de galeristes par rapport à 2005.

Les recalés ont vite réagi en créant une poignée de foires offs. Ses nouveaux « salons des refusés » ont pour nom Diva, manifestation spécialisée dans la vidéo et l'art numérique à l'hôtel Kube (18e), Show off à l'Espace Cardin (8e), non loin du Grand Palais, et enfin Slick, qui s'installe à la Bellevilloise (20e). Pour les galeristes ou collectionneurs qui en sont à l'origine, ces manifestations constituent une alternative à ce qui apparaît parfois comme un hypermarché de l'art, très élitiste et pas toujours convivial. L'accent y sera mis sur de jeunes artistes qui n'ont pas forcément accès au circuit des galeries établies. « Quand on vend des dessins à 300 euros , il est suicidaire pour un jeune marchand de se payer un stand à 10 000 euros sur la Fiac », explique ainsi Magda Danysz, l'une des organisatrices de Show Off. Offre renouvelée (le Vietnam et la Croatie seront ainsi présents à Slick), prix d'entrée plus abordable... le off mise aussi sur la qualité. « Avec la multiplication des salons, on y voit trop souvent de belles peintures, à la limite du décoratif, critique Cécile Griesmar, une organisatrice de Slick. Nous préférons miser sur des oeuvres au fort contenu, par exemple en création numérique où les Français sont bien placés. » Tous se félicitent de cette ébullition, signe du dynamisme de la scène parisienne, et espèrent que cette multiplication des foires poussera les collectionneurs à prolonger leur séjour à Paris.

Marc Héneau