Laëtitia Milot: «Une comédienne n’est pas seulement une comédienne»

LIVRES De plus belle la vie au polar... Tel est le destin de la comédienne Laëtitia Milot («Plus belle la vie») qui vient de publier «On se retrouvera», chez Fayard…

Propos recueillis par Hubert Artus

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L'écrivain Laetitia Milot
 
L'écrivain Laetitia Milot   — Visual Press Agency

Elle interprète le personnage de Mélanie Rinato depuis 2004, dans le feuilleton emblématique de France 3. Il y a trois ans, elle avait publié une autobiographie: Je voulais te dire (disponible au Livre de Poche). En ce mois de mai, elle se met au polar. Laëtitia Milot publie On se retrouvera, coécrit avec Johanna Gustawsson, chez Fayard. Une histoire de quête personnelle et de vengeance, où une fille retourne sur les traces de ceux quoi ont violé sa mère… et de son vrai père.

Vous vouliez passer de l’écran à l’écrit?

J’aime beaucoup de choses, en France, mais on est quand même le pays des étiquettes! Cela me révolte: on est catalogué. Une comédienne n’est pas seulement une comédienne. J’ai crée un personnage, Margot, de la même façon que j’interprète ceux que je joue: c’est à la fois moi et une fiction. Un comédien, ça a plusieurs palettes: on doit savoir danser, chanter et… écrire!

Quel fut le déclic pour ce livre?

Nul besoin d’avoir été violée pour parler du viol. Je suis une femme, et même si je ne suis pas concernée aujourd’hui, je peux l’être demain. Une de mes proches s’est faite violée il y a quelques années, et j’avais depuis longtemps envie d’en parler. J’ai communiqué avec de nombreuses femmes qui l’ont été. Cela fait mal, d’entendre ces souffrances, dont elles restent prisonnières car elles n’ont pas été assez écoutées. Et quand il a été condamné, le violeur ressort de prison au bout de quatre ou cinq ans. La femme, elle, demeure prisonnière… Je pense que c’est la peur, le cauchemar, de toutes les femmes.

Pourquoi un polar?

J’aime les polars. Je ne suis pas grand lectrice, mais mes lectures me mènent vers Agatha Christie, Harlan Coben, ou le suspense et le roman d’horreur comme Stephen King. On n’est pas obligé de lire Balzac: ce sont des lectures qui personnellement m’ennuient. Je lis aussi Marc Lévy, Guillaume Musso.

Comment avez-vous construit le personnage de Margot, qui évolue entre quête personnelle et vengeance?

C’est très simple: Margot m’a envoûtée. Je me suis coincée dans elle. Je me suis demandé comment je réagirais si j’apprenais que ma mère s’était faite violée, que mon père n’était pas mon père, et qu’on m’avait menti… Et je pense que j’aurais réagi comme elle.