Enki Bilal présente son exposition : «Une concentration de créations du génie humain»

Olivier Mimran

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Enki Bilal lors de l'inauguration de son exposition «Mécanhumanimal» au musée des arts et métiers à Paris le 3 juin 2013.
Enki Bilal lors de l'inauguration de son exposition «Mécanhumanimal» au musée des arts et métiers à Paris le 3 juin 2013. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Quelques mois après l'exposition «Les fantômes du Louvre», revoilà votre travail exposé. Quelles différences entre les deux évènements ?

Le Louvre, ça s'est presque «improvisé» ; enfin, ça s'est organisé très très vite et selon un protocole imposé. Alors que le projet «Mécahumanimal» m'a été proposé par le Musée des Arts et Métiers il y a plus de deux ans. Je m'y suis donc naturellement davantage investi...

C'est le lieu qui vous a convaincu ?

Disons que ça a énormément joué, parce qu'associer mon oeuvre -qui s'articule beaucoup sur une trinité humains/animaux/technologie- aux pièces du Musée des Arts et Métiers m'a semblé une évidence ! C'est un lieu que j'avais déjà visité par le passé, mais là, j'ai eu libre-accès aux «réserves» du Musée et j''y ai découvert des objets incroyables, des inventions improbables des deux siècles passés ! J'étais aussi émerveillé qu'un gamin, parce que je découvrais une concentration de créations du génie humain. Ça a vraiment nourri mon approche.

Pourquoi "Mécanhumanimal" ?

Comme je viens de le dire, mes bandes dessinées et mon travail pictural s'inspirent des ponts qui existent entre humains et animaux, ponts souvent favorisés par la technologie. Ce nom s'est donc immédiatement imposé à moi... mais pas aux dirigeants du Musée, qui y ont d'abord été un peu hostiles. Heureusement, ils ont fini par y déceler une cohérence avec mon projet (rires).

Des conférences et ateliers seront organisés dans le cadre de l'exposition. En profiterez-vous pour rencontrer le public ?

Tiens, je n'y avais pas réfléchi mais... ce serait une excellente idée ! J'ai vraiment envie de savoir comment l'évènement sera reçu, et j'imaginais, après quelques semaines, demander au personnel du musée quelles étaient les réactions des visiteurs. Mais après tout, pourquoi ne pas le faire moi-même ? Ce serait d'autant plus facile que je n'habite pas très loin du Musée.

La BD est de plus en plus souvent «accueillie» dans les Musées (Crumb, Moebius etc). Un commentaire?

Oui : il était plus que temps ! En France, il s'est longtemps affiché un certain mépris pour l'image -plus précisément le dessin «pur»- et le texte, d'ailleurs. C'était incompréhensible, et un peu scandaleux : il suffit de visiter les grottes de Lascaux pour réaliser l'importance et la noblesse du dessin, fut-il sommaire. Heureusement, les à -priori disparaissent peu à peu... C'est aussi dû au fait que les conservateurs d'aujourd'hui font partie d'une génération qui a «consommé» de la BD, et qui n'a plus honte d'apprécier ce médium.

« Mécanhumanimal, Enki Bilal au Musée des arts et métiers », du 4 Juin 2013 au 5 Janvier 2014 au Musée des Arts et Métier