"Demain j'arrête", aux éditions Pocket, disponible en librairie (7,22 euros) et son auteur, Gilles Legardinier. 
 
"Demain j'arrête", aux éditions Pocket, disponible en librairie (7,22 euros) et son auteur, Gilles Legardinier.   — ERIC FEFERBERG/AFP

CULTURE

«Demain j'arrête», le succès surprise d'un roman «feel-good»

Le roman de Gilles Legardinier est n°1 des meilleures ventes poches pour la 7ème semaine consécutive, devant de nombreux poids lourds. Un succès fulgurant emporté par la vague du «feel-good»...

Sans doute avez-vous aperçu ce chat de mauvais poil coiffé d’un bonnet péruvien se balader chez votre libraire. S’il lui en reste encore: Demain j’arrête! se vend comme des petits pains. A tel point qu’il squatte la première place du classement des meilleures ventes poches pour la 7ème semaine consécutive (et la deuxième place du top 20 tous genres confondus). Devant les populaires auteurs de polar Arnaldur Indriðason et Michael Connelly, Marc Levy ou même Boris Vian et son Ecume des jours boostée par le film de Gondry.

Quelle est la chose la plus stupide que vous ayez faite dans votre vie? Pour Julie, l’héroïne du roman, la réponse ne se conjugue pas au singulier. Pour s’être entichée de son voisin, elle en a fait beaucoup, des choses stupides. Son récit, bourré d’humour, est de Gilles Legardinier. Un homme, s’étonnent les lectrices. «Décrire une femme amoureuse n’est pas difficile», rétorque l’auteur, qui signait auparavant des thrillers.

Une sortie poche en fanfare

Après en avoir publié deux aux éditions Fleuve Noir, L'exil des anges (Prix SNCF du Polar 2009) et Nous étions les hommes, Legardinier veut s’essayer à la comédie. L’éditrice Céline Thoulouze en reçoit les soixante premières pages, et dans ce registre très différent, retrouve «sa patte humaniste et son authenticité». Banco. Le roman sort en novembre 2011. Fleuve Noir imaginait une cible féminine, trentenaire. Les ventes vont bien au-delà: «Pendant un an et demi, il y a eu un bouche à oreille phénoménal, relayé par les librairies. On se rend vite compte que ça touche tout le monde, toutes les générations».

A ce jour, 163.000 exemplaires ont été vendus en grand format. Les ventes explosent depuis la sortie du roman, le 4 avril, aux éditions Pocket. Avec, bien sûr, le même «lolcat» en couverture. «Elle avait si bien marché» en grand format, pas question de l’abandonner. En poche, bientôt 150.000 exemplaires vendus. «On est à 10.000 sorties caisses par semaine en ce moment, c’est fou», s’enthousiasme Céline Thoulouze. En littérature française, Fleuve Noir n’a jamais connu un tel succès. D’autant que ce ne sont que les chiffres France. Demain j’arrête est traduit et publié dans neuf autres pays.

Un remède à la sinistrose ambiante

Une couverture attrayante, un bouche à oreille efficace… et des ventes emportées par la mode du «feel-good», qui veut qu’avec la sinistrose ambiante, le lecteur ait soif de message positif?

Les «milliers d’e-mail» reçus par l’auteur le confirment. «Il faudrait le faire rembourser par la Sécu!», dit l’un deux. «C’est aussi le retour que j’ai des libraires», admet l’éditrice, «mais au-delà de l’effet de mode, un roman dans lequel on rit et on pleure, avec une vraie philosophie de vie, j’en reçois finalement peu! Il faut savoir le faire».

Gilles Legardinier est en tout cas parti sur sa lancée. Son deuxième roman, Complètement crâmé - le chat reste, mais une casserole a remplacé le bonnet péruvien - s’est déjà écoulé à 60.000 exemplaires. Le troisième, Et soudain tout change, est prévu pour octobre prochain. Avec un tel succès, peu de chances que demain, il arrête.