La vente aux enchères consacrée à Claude Francois fait salle comble

CULTURE Environ 250 personnes se sont rendus a l'hotel Drouot pour acheter un objet provenant du célèbre chanteur français...

J. C. avec AFP

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Claude François prend la pose, en 1969
Claude François prend la pose, en 1969 — DR

Ils sont venus pour s'offrir une parcelle de leur idole ou replonger dans l'univers satin et paillettes des années 1960-1970: Trent-cinq ans après sa mort, Claude François a fait salle pleine ce samedi à l'Hôtel Drouot à Paris. Cheveux blonds, silhouette fine serrée dans une veste noire sur une chemise rouge, Michel, quinquagénaire qui a vu «Claude» plusieurs fois sur scène, est venu «s'imprégner de l'ambiance».

«Cloclo fait l'objet d'un véritable culte»

A l'entrée de la salle où sont exposés les objets personnels et souvenirs du chanteur vendus aux enchères, l'ambiance est électrique. Il n'y a pas de place pour tout le monde, même si la vente peut aussi être suivie sur écran dans une autre salle. Lynda Trouvé, commissaire priseur de la maison d'enchères Coutau-Bégarie, organisatrice de la vente, évalue l'assistance entre 200 et 250 personnes. "Il y avait une attente", explique-t-elle à l'AFP : c'est la première vente entièrement consacrée au chanteur depuis 35 ans.

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«Cloclo fait l'objet d'un véritable culte. Sa postérité a scellé son véritable triomphe», relevait Fabien Lecoeuvre, biographe officiel du chanteur, expert de la vente. Il a fallu une année entière à la maison Coutau-Bégarie pour réunir quelque 250 lots, souvenirs, affiches, disques d'or, tenues légendaires, dont une superbe veste de scène rouge portée lors d'un concert au Forest National de Bruxelles en janvier 1974.

«Le premier amour de ma vie»
 

Monique Jan est venue de Suisse pour vendre la mèche : une rarissime et authentique mèche de cheveux de l'idole, datant de 1968 et scellée par de l'adhésif transparent sur une carte de visite du chanteur. «J'avais 14 ans quand je l'ai gagnée à un concours", raconte-t-elle. «Claude est le premier amour de ma vie», confie Monique. La vie passe. Ça fait plus de 40 ans qu'elle est avec moi, je me suis dis que d'autres fans plus jeunes que moi pourraient apprécier de l'avoir.»

Marcelle et Mauricette sont des jumelles de 70 ans. Le même pull à fleurs, l'une en rose, l'autre en vert, toutes les deux un médaillon «Claude François» autour du cou. Elles sont «fans de Claude chez les hommes, d'Edith Piaf chez les femmes».

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Quand on leur pose la question de leur chanson préférée de Cloclo, elles démarrent au quart de tour, entonnant en choeur dans le brouhaha ambiant «Je sais». Marcelle et Mauricette possèdent déjà «de nombreux disques» de leur idole, mais Marcelle a repéré «un magnifique canevas vierge» à l'effigie du chanteur et se voit déjà le broder «au quart de point, pour un rendu exceptionnel».

Reléguée à l'entrée des deux salles consacrées à la vente Cloclo, Caroline ronge son frein. Elle avait 10 ans à la mort du chanteur. «Mes enfants en sont fans, ils chantent encore “Alexandrie, Alexandra"», assure-t-elle. Elle aurait bien acheté une chemise, mais n'a «aucune idée de ce que ça peut valoir».

Claude François avait l'habitude de les déchirer et d'en jeter les lambeaux à ses fans à la fin de ses concerts. Les reliques dispersées samedi ont été glanées auprès de collectionneurs privés, d'ex-collaborateurs du chanteur, d'ex-patrons de maisons de disques... Les enchères portaient aussi sur des pièces du Moulin de Dannemois, la résidence principale de Claude François dans l'Essonne ainsi que sur des clichés érotiques signées de son pseudonyme François Dumoulin.

Avec près de 67 millions de disques vendus depuis 1962, Claude François présente la singularité d'avoir vendu presque autant de disques depuis sa disparition que de son vivant.