«Fire Emblem Awakening», un savoureux jeu de stratégie sur Nintendo 3DS

Joel Metreau

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Le jeu vidéo «Fire Emblem Awakening» sur Nintendo 3DS.
Le jeu vidéo «Fire Emblem Awakening» sur Nintendo 3DS. — Nintendo

Il est rare de mettre la main sur un jeu de stratégie qui suscite illico la sympathie. Dans «Fire Emblem Awakening», sorti sur Nintendo 3DS, cela tient à la fois à ses personnages extravagants et savoureux, comme à sa jouabilité très accessible, même pour ceux à qui le genre est inconnu. «Fire Emblem Awakening» (environ 40 euros) se présente d’abord comme une grande carte, figurant les royaumes d’Ylisse et de Plegdia. Leurs chemins, leurs magasins ou leurs traquenards se dévoilent en  poursuivant l'histoire.

On incarne un héros amnésique, pris sous la protection du Prince Chrom, leader ténébreux et charismatique d’une milice appelée Veilleurs. Pour remplir à bien la mission principale, il va falloir remporter une succession de batailles.

Comme des parties sur un jeu d’échecs sophistiqué

Les batailles se livrent à chaque fois comme des parties intenses sur un jeu d’échecs sophistiqué. On découvre à chaque fois un terrain unique (châteaux-fort, navires à l’abordage, chaines montagneuses…) quadrillé par une grille. Le long de celle-ci: des abris, des coffres et des adversaires. Sur cette grille, les «pions» sont à déplacer d’une case à une autre. Quoique les appeler «pions» serait odieusement insultants tellement Miriel, Virion, Lissa, Gregor, Ricken, Olivia… - enfin tous les personnages - sont attachants, grâce à leur caractère propre et bien trempé.

Au fur et à mesure, l’équipe des héros s’agrandit, jusqu’à une trentaine si on réussit à tous les recruter. Ils racontent leur expérience par anecdotes, révèlent des caprices ou une part de leur intimité, des liens se nouent entre eux. Des dialogues fins et drôles, sous forme de bulles, ponctuent chaque bataille. Il ne faut pas hésiter à les faire combattre côte à côte ceux qui s’apprécient. Pour le joueur, l’impression émouvante de favoriser des relations et de bâtir des histoires se juxtapose au plaisir de forger des plans de bataille.

C’est avec une larme qu’on le voit partir définitivement

On apprend à les connaître, on en cajole certains, on en écarte d’autres. Et si l’un d’entre eux échoue dans l’affrontement armé, c’est avec une larme qu’on le voit partir définitivement. Heureusement, l’option «débutant» permet de le conserver jusqu’à la fin de l’aventure, rendant sa disparition éphémère.

Chacun possède ses caractéristiques propres, à la manière d’un jeu de rôle. Un archer d’élite pourra tirer ses flèches sans risquer de recevoir des coups, un moine guerrier fait récupérer les points de vie à ses alliés, un sorcier cause des dégâts sévères avec ses sorts… Le joueur peut leur choisir des techniques, qui se débloquent avec le temps, et leur faire enfiler l’équipement approprié.

Par paresse ou envie de se contenter des plans de campagne, le joueur peut laisser le jeu optimiser à sa place les personnages. En face, les ennemis agissent aussi au tour par tour. Il faut tirer parti de leurs faiblesses, prendre l’avantage du terrain et regrouper ses personnages pour mieux triompher. Des histoires d’amour peuvent ainsi naitre. «Fire Emblem Awakening» lui-même ne demande qu’à se faire aimer.

La bande-annonce de lancement: