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MUSIQUEIndochine est-il allé trop loin avec son nouveau clip ultraviolent?

Indochine est-il allé trop loin avec son nouveau clip ultraviolent?

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«On ne dénonce pas la violence en montrant de la violence», s'insurge Françoise Laborde du CSA, tandis que Nicola Sirkis se défend de «chercher le scandale»...
Image extraite de "College Boy", le clip qui illustre le deuxième single de l'album Black City Parade d'Indochine. 
Image extraite de "College Boy", le clip qui illustre le deuxième single de l'album Black City Parade d'Indochine.  - DR
A.L

A.L

Un jeune garçon reçoit dans une classe quelques boulettes de papier. Rapidement, il devient le bouc émissaire de ses camarades. Révélées ce jeudi en exclusivité par Le Parisien, les six minutes du clip de «College Boy» montrent ensuite l’enfer qu’il va subir, jusqu’à être exécuté, à coups de revolver, attaché à une croix par ses camarades dont certains filment la scène avec leur smartphones.

«Il devrait y avoir au minimum une interdiction aux moins de 16 ans et peut-être aux moins de 18 ans» et «ces images n'ont pas leur place dans des chaînes consacrées à la musique», s’est indignée Françoise Laborde, membre du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), dans le «Grand Direct des Médias» d'Europe 1. «Je crois qu'il faut qu'on marque symboliquement que c'est insupportable d'imposer un tel niveau de violence (...) Qu'est ce que ça dénonce? C'est très esthétique, c'est très bien tourné, mais il y a une complaisance pour la violence insupportable. On ne dénonce pas la violence en montrant de la violence», ajoute-t-elle.

«Montrer que cette situation est possible parce rien ne l’empêche»

«La violence du clip n’est pas gratuite. Pour moi, c’est la même démarche que lorsque la sécurité routière réalise un clip choc pour sensibiliser aux accidents de la route. C’est plus éducatif qu’autre chose», se justifie Nicolas Sirkis au Parisien. Le chanteur du groupe a laissé carte blanche pour la réalisation du clip à Xavier Dolan, le jeune cinéaste prodige québécois qui a signé Les amours imaginaires.

«Je voulais aller jusqu’au bout, non pas pour choquer, mais pour montrer que cette situation est possible parce rien ne l’empêche», explique Xavier Dolan, toujours au Parisien. «Dire que ça encourage la violence, c’est complètement stupide. Est-ce vraiment plus violent que tous les films qui arrivent sur nos écrans tous les jours? Il n’y a pas d’ambiguïté dans le message de non-violence du clip. On est immédiatement dans l’empathie avec le personnage», poursuit le jeune cinéaste.

>> Indochine est-il allé trop loin? Que pensez-vous du clip? Dénoncer la violence en montrant la violence vous semble-t-il justifié? Dites-le nous dans les commentaires ci-dessous.