Mathias Malzieu signe un roman hommage à Boris Vian

Anne Kerloc'h

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Mathias Malzieu sort un nouveau roman aux éditions Flammarion
Mathias Malzieu sort un nouveau roman aux éditions Flammarion — Léa Crespi /Flammarion

L’écume de Vian dans le baiser de Malzieu. Impossible de ne pas penser à L’écume des jours de Boris Vian, actuellement adapté à l’écran par Michel Gondry dés les premières lignes du nouveau roman de Mathias Malzieu, Le plus petit baiser jamais recensé (Flammarion, 17,50€) Rien d’étonnant, le chanteur de Dyonisos a toujours confessé une admiration aussi vivace qu’un air de jazz pour l’écrivain.  20 minutes a soumis à une spécialiste de Vian, Christelle Gonzalo, cette histoire d’amour entre un inventeur au cœur fracassé et une fille qui disparaît quand on l’embrasse pour évaluer le degré d’influence de l’écrivain trompettiste et chanteur  sur le chanteur écrivain

D’amour et de jeunesse éperdue

Pour la spécialiste «on retrouve des thèmes similaires à l’Ecume des jours: une histoire d’amour, l’esprit de la jeunesse, un monde épicurien, la cuisine et la musique indissociables de la littérature.». Là où Boris Vian parlait de jazz, de swing et de Duke Ellington, Malzieu parle de swing, du boulevard Bashung et d’Elvis Presley.

Mets tes mots dans la valise

«Sparadramour», «Nichocolat»… «On note l’utilisation très fréquente de mots-valises, comme le faisait Vian, avec son Pianocktail». Tout comme une floraison d'expressions imagées «très végétales et poétiques» : tête «plantée de point d’interrogations», un corps «comme un arbre fruitier» («si on s’endort entre ses branches, on se réveille amoureux»)

Le poumon de l’histoire

Dans l’Ecume des jours, Chloé est frappée d’une étrange maladie, avec un nénuphar qui lui pousse dans la poitrine. Dans Le plus petit baiser jamais recensé, l’amoureux recherche la «mélodie des poumons» de sa bien-aimée invisible, mélodie «en ré mineur». Le souffle, la respiration comme bouffée d’âme parcourt l’histoire.

Merveilleux réel

Dans le monde de Vian, des nuages descendent dans la rue et des souris se comportent de manière très humaine. Dans celui de Malzieu, des écureuils traînent des skateboards et on fait pousser des arbres à Harmonica. «On est dans un Paris à la fois très concret, mais très étrange. Le merveilleux fait partie du quotidien et tous les personnages trouvent cela normal !». Une bulle de poésie foutraque et peu fréquente «Vian, Queneau,  Jarrie, ont peu d’émules actuels, dans une littérature contemporaine plutôt réaliste et autocentrée. On retrouve ici l’atmosphère d’un conte pour adultes, ça fait du bien!»

Chocolat

Vian était inventeur à ses heures, Malzieu s’est associé à un chocolatier pour produire la sucrerie de son roman. Le « baiser » à base de caramel orange sanguine, coque de chocolat et meringue à la fleur d’oranger a été créé par la maison Hugo et Victor