La Légion étrangère attaque les charts

MUSIQUE Les légionnaires sortent un album de chant...

Benjamin Chapon, à Aubagne

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Les membres de " La Musique "
en séance d'enregistrement.
Les membres de " La Musique " en séance d'enregistrement. — COPYRIGHT, 2009

Le label Deutsche Grammophon est venu les voir. La Légion étrangère, mieux connue pour sa capacité à recycler les canailles du monde entier (même si cette époque serait révolue), que pour la qualité de son chœur et orchestre, appellés en interne «La musique», sort un disque, intitulé Héros. La maison de disques Universal en attend beaucoup, idéalement un succès comparable à celui des Prêtres ou des Marins d'Iroise. Le lieutenant-colonel Emile Lardeux, chef de «La musique», est plus modéré : «Ce disque permet de faire connaître notre savoir-faire musical.» Même son de clairon au commandement: «Nous n'espérons pas recruter plus avec ce disque, mais faire connaître les valeurs de la Légion, qui apparaissent dans nos chants», explique le général de Saint Chamas.

88 pas par minute

Comme on ne naît pas légionnaire, certains membres ont appris sur le tas. Avec cette particularité d'un orchestre comptant 16 nationalités. «Je dois m'adapter, je ne vais pas leur dire: «Soyez plus élégiaques», raconte le chef de musique. Je leur dis plutôt: «Chantez beau et noble». Et même s'ils parlent français, restent les accents des légionnaires qui enrichissent les chants. Autre particularité musicale, la cadence. «La Légion étrangère marche au rythme de 88 pas par minute contre 116 pour les autres régiments, explique l'adjudant-chef Jérôme Dumont, tambour major. Cette cadence a un impact sur le tempo de ses chants et musiques, plus lents.» Et leur confère une mélancolie qui colle au répertoire du «carnet» : bible des chants de la Légion, dont «Le Boudin». Sur le disque, la Légion chante aussi «Je ne regrette rien» de Piaf ou «La Mer» de Trenet. Seule concession d'un disque de patrimoine.