Exposition: Les codes de Keith Haring décryptés

VIDÉO n artiste, deux expositions...

Stéphane Leblanc avec Alexandre Gélebart et Thomas Lemoine pour la vidéo

— 

Les œuvres de Keith Haring sont exposées dans deux musées parisiens.
Les œuvres de Keith Haring sont exposées dans deux musées parisiens. — photos : A. GELEBART/20 MINUTES

Simplistes, les petits personnages peints par l'artiste Keith Haring dans le métro new-yorkais? Engagés, répond la double exposition «Keith Haring, the Political Line», au musée d'Art moderne et au Centquatre, à Paris.

 


Son code graphique est composé de symboles simples destinés à se faire comprendre du public. Exemples.

Le bébé radiant. Kaith Haring aimait les enfants, leur gentillesse, leur innocence. « Son bébé radiant, c'est l'homme en devenir qui dégage de l'énergie vitale autour de lui», précise la commissaire de l'exposition, Odile Burluraux.

Le chien. Cet artiste de rue s'est mainte fois confronté à la police et aux tribunaux, en exerçant son art sur les murs du métro. «Le chien, c'est tout ce à quoi il tentait d'échapper : l'autorité, la violence, la domination et la répression de l'état policier.»

La pyramide. C'est le passé, «une sorte d'âge d'or pour celui qui passait, étant enfant, ses dimanches matin au Metropolitan Museum de New York».

La centrale nucléaire et l'ordinateur. Ce sont les dangers qui nous guettent. «Keith Haring remplace parfois la tête de ses personnages par un ordinateur, comme s'il pressentait que ce dernier allait un jour remplacer notre cerveau.»

La croix. La dimension religieuse est là. Plus tard, elle évoquera la maladie. «Elle sert aussi à percer les entrailles, afin de laisser passer les chiens», note Odile Burluraux, pour qui le trou dans le corps du bébé radiant représente «une manière pour l'homme de s'accommoder des lois, des interdits et des limitations».

Deux endroits pour une même expo

«Keith Haring, the Political Line» se décline en deux lieux jusqu'au 18 août. Au musée d'Art moderne (Paris 16e), qui expose 200 toiles. Et au Centquatre (Paris 19e), où siègent une vingtaine d'œuvres monumentales. L'achat d'un billet pour l'une donne droit à un tarif réduit pour l'autre.